La DGSI rempile avec Palantir, mais nie tout risque pour les données du renseignement

La DGSI rempile avec Palantir, mais nie tout risque pour les données du renseignement© stéphane de sakutin Source: AFP
Nicolas Lerner a remplacé Laurent Nunez au poste de directeur général de la sécurité intérieure à l'automne 2018 (image d'illustration).

Dans un entretien à Reuters, le directeur de la DGSI Nicolas Lerner explique que le renouvellement du contrat avec Palantir n'est destiné qu'à pallier l'absence de technologie nationale, et écarte toute inquiétude quant à une fuite de données.

La Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) entend renouveler son contrat avec la société américaine Palantir, selon les informations de l'agence de presse Reuters, tout en assurant garder son indépendance. Le patron des renseignements français, Nicolas Lerner, l'a affirmé en marge d'une conférence le 26 novembre : «Palantir nous aide, c'est-à-dire qu'on ne dépend pas de Palantir». Dans un entretien accordé à Reuters, le directeur, qui a remplacé Laurent Nunez au pied levé (ce dernier étant devenu depuis secrétaire d'Etat à l'Intérieur), a même évoqué une «ligne rouge» qu'il déclare s'être fixé depuis le début : «C'est que toutes les données qui sont traitées par ce système-là sont sur notre réseau interne, qui est un réseau confidentiel-défense, qui est fermé.»

La «ligne rouge»... un vocable très fort pour renvoyer dans les cordes toute polémique sur la destination finale des données collectées par Palantir, et ce alors que la start-up créée en 2004 a été cofinancée par la Central intelligence agency (CIA) américaine à ses débuts et que sa technologie a plusieurs fois été pointée du doigt.

Premièrement, cette entreprise californienne se spécialise dans l'analyse et le recoupement massif de grandes quantités de données numériques. Son rôle a par ailleurs été souligné par les opposants à la politique migratoire de Donald Trump : Palantir a contribué à la traque des sans-papiers mexicains qui ont ensuite été reconduits à la frontière... Palantir préfère de son côté mettre en avant son rôle dans la traque d'Oussama ben Laden, éliminé par les Etats-Unis en 2011.

La France préférerait pour sa part voir émerger un acteur français, voire européen, dans le secteur de la surveillance électronique. Malheureusement, ni Thales, ni Dassault ne semblent pour l'instant à même de concurrencer Palantir dans le contexte d'urgence sécuritaire qui règne en France, confrontée au terrorisme islamiste depuis 2015. «Il faut aussi permettre à nos industriels de monter en gamme sur ces sujets», explique Nicolas Lerner à Reuters, sous forme d'appel du pied aux fabricants nationaux. En cela, il se fait l'écho des propos d'Emmanuel Macron, qui appelait au début du mois de novembre l'Europe à faire un effort dans ce domaine très concurrentiel, dans lequel les nations européennes sont déjà dépassés par les Etats-Unis et la Chine.

Il n'est pas certain que les élus français, qui ont déjà critiqué ce choix prenant le contre-pied d'une certaine préférence nationale qui leur est chère, soient convaincus par le discours du gouvernement sur Palantir et sur les appels répétés à investir dans ce domaine du côté du privé. Mais comme le rappelle «une source haut placée» citée par L'Express, cette décision répond à une logique pragmatique : «Nous n'avons pas le choix. Nous prenons ce qui est sur le marché.» 

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