Un juge d'instruction va mener l'enquête sur le Gilet jaune blessé à l’œil durant l'acte 53

- Avec AFP

Un juge d'instruction va mener l'enquête sur le Gilet jaune blessé à l’œil durant l'acte 53 Source: AFP
Cette capture d'image, tirée d'une vidéo obtenue par l'AFP, montre la réaction de Manuel, Gilet jaune, après avoir reçu un projectile dans l’œil, susceptible d'être tiré par la police, place d'Italie à Paris, lors de l'acte 53 le 16 novembre dernier.

Un juge d'instruction a été chargé de mener l'enquête sur la blessure à l’œil de Manuel, un Gilet jaune touché à Paris par une grenade lacrymogène. Ce dernier avait refusé d’être auditionné par l’IGPN, remettant en cause son impartialité.

Le parquet de Paris a annoncé ce 22 novembre qu’un juge d’instruction a été requis pour mener l’enquête au sujet de la blessure à l’œil de Manuel, Gilet jaune éborgné par une grenade lacrymogène durant l’acte 53 du mouvement, le 16 novembre. Une information judiciaire a été ouverte par le parquet pour «violences volontaires par une personne dépositaire de l'autorité publique suivies de mutilation ou infirmité permanente», une infraction criminelle, a précisé le parquet de Paris.

Nous sommes heureux de voir que cette enquête va pouvoir être menée de manière plus indépendante que sous l'autorité du parquet et de l'IGPN

Une enquête préliminaire, pour «violences par personne dépositaire de l'autorité publique avec armes ayant entraîné une interruption temporaire de travail de plus de huit jours», avait d'abord été ouverte par le parquet, et les investigations avaient été confiées à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN). «Nous sommes heureux de voir que cette enquête va pouvoir être menée de manière plus indépendante que sous l'autorité du parquet et de l'IGPN», s'est félicité auprès de l'AFP l'avocat de Manuel, Maître Arié Alimi.

Dans une vidéo largement diffusée sur les réseaux sociaux, on voit cet homme de 41 ans discuter avec d'autres manifestants place d'Italie, alors que la situation est extrêmement tendue aux alentours. Soudain, vers 14h45, un projectile le heurte violemment à l'œil gauche. Toujours hospitalisé, le Valenciennois de 41 ans demeure confus sur ce qui lui est arrivé : «Pourquoi les policiers ont-ils tiré sur moi alors que je manifestais de façon pacifique ?» «J’ai perdu l’œil mais pas la mémoire hélas, et je revois continuellement le moment où la grenade arrive, mais c’était trop tard, je ne pouvais rien faire. Ma vie est au point mort», a-t-il déploré. Selon sa compagne, il a perdu l'usage de cet œil. Manuel estime néanmoins que la situation aurait pu être encore pire pour lui : «Quand je pense que la grenade aurait pu m’exploser dans la tête et que j’aurais pu en mourir ou que ça aurait pu être ma femme».

La plainte déposée contre X par son avocat vise également le préfet Lallement

L’avocat du Gilet jaune Manuel a déposé une plainte contre X, le 20 novembre, pour «violences volontaires ayant entraîné une mutilation par personne dépositaire de l’autorité publique». La plainte vise également le préfet Didier Lallement pour «atteinte à la liberté individuelle» et «complicité de violences volontaires aggravées». Dans un communiqué repris par Ouest-France, Arié Alimi a précisé que «son client refuse d’être auditionné» par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) à cause, selon lui, de «la partialité de ce service qui étouffe les affaires de violences policières».

Manuel refusait «également de transmettre les vidéos de la scène et des fonctionnaires impliqués» et demandait «la désignation immédiate d’un juge d’instruction compte tenu du caractère criminel de l’affaire» d’après son avocat. Il avait d’ailleurs tenu à mettre en garde : «Les vidéos des responsables seront diffusées au public dans un délai d’une semaine à défaut de désignation d’un juge.»

Manuel est le 24ème Gilet jaune à être éborgné. Ce dernier estime que «le ministre de l’intérieur ne pourra pas dire que les policiers ripostent à des casseurs [...] puisque les images [de sa blessure] parlent d'elles-mêmes». Au total, 372 procédures judiciaires ont été enregistrées en France après des plaintes contre des forces de l'ordre, selon un décompte mi-novembre du ministère de la Justice transmis à l'AFP. Parmi elles, 109 ont été classées sans suite et 29 ont fait l'objet de l'ouverture d'une information judiciaire. Trois renvois en correctionnelle de fonctionnaires – dont un CRS jugé ce 21 novembre à Paris – ont été ordonnés.

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