François Baroin, un disciple de Chirac qui place ses pions pour 2022

François Baroin, un disciple de Chirac qui place ses pions pour 2022© Eric FEFERBERG / AFP Source: AFP
François Baroin à Matignon, le 3 septembre 2019.

Le maire LR de Troyes François Baroin n'a pas annoncé s'il allait, ou non, entrer dans la course à la présidentielle 2022. Toutefois, en cette fin d'année 2019, il revient sur le devant de la scène politique et mise sur son image de maire rural.

Ce pourrait être un énième vrai-faux départ dont les politiques raffolent. «J'ai fait mon temps», déclarait François Baroin en 2017 au moment d'annoncer son retrait de la vie politique nationale. Or, depuis deux ans, de l'eau a coulé sous le pont des Républicains, avec, entre autres, l'échec aux dernières élections européennes

De quoi donner des envies de retour au maire de Troyes ? Pour l'heure, nul ne sait s'il sera candidat à l'Elysée en 2022. Peut-être même pas lui. Une chose est sûre, le nouveau membre du comité stratégique de LR depuis l'élection de Christian Jacob à la tête du parti, se (re)place au cœur du jeu politique en cette rentrée 2019.

Elu des champs contre président des villes

Pour ce faire, le président de l'AMF, l'Association des maires de France, vient de sortir un livre : Une histoire sentimentale dans lequel il raconte l'histoire de la République à travers les villes et les villages. L'occasion de multiplier les interviews dans les médias − à l'instar de son passage au JT de France 2 le 3 novembre − et de jouer la carte de l'élu du terroir, en opposition à Emmanuel Macron qui peine à se défaire de son étiquette de président des métropoles mondialisées.

Problème, dans son camp, l'ancien ministre de l'Economie Nicolas Sarkozy est loin d'être le seul sur ce créneau. Comme lui, Gérard Larcher ou encore Xavier Bertrand se sont erigés en élus de province, quitte à paraître parfois caricaturaux. 

A trois ans d'une élection présidentielle à l'équation inconnue, difficile d'évaluer les chances de qui que ce soit, notamment à droite, mais le maire aubois peut s'appuyer sur le dernier baromètre Elabe-Les Echos pour se rassurer. Il figure à la cinquième place des personnalités politiques préférées des Français, derrière Nicolas Hulot, Nicolas Sarkozy, Jean-Yves Le Drian et un certain... Xavier Bertrand.

François Baroin peut aussi compter sur le soutien de quelques cadres de sa formation, parmi lesquels Eric Ciotti, député de Nice et questeur de l'Assemblée nationale.

Revirement sur la PMA, plus à droite que Macron sur l'islamisme

Si le maire de Troyes était amené à devenir le porte-drapeau des Républicains à la prochaine présidentielle, reste à savoir avec quel programme. D'autant que son positionnement est fluctuant sur certains sujets.

Pour preuve, le virage à 180 degrés opéré sur la PMA entre 2012 et 2019. «Je suis défavorable à la fois au mariage pour tous − je pense qu'un contrat d'union civile offrirait un meilleur cadre − et à la PMA», déclarait-il au micro de France Info en 2012. Sept ans plus tard, nouvelle version. «Si j’étais parlementaire, je voterais la PMA pour toutes, il ne faut pas être crispé, regarder la société telle qu’elle est», expliquait-il le 8 juillet 2019, toujours sur France Info. 

Sur le fondamentalisme islamiste, Baroin parle peu, mais sa ligne diverge de celle du chef de l'Etat. «Voilà quelqu'un qui comprend qu'on puisse placer les lois de la religion au-dessus des lois de la République», dénonçait-il en 2017, dans un livre aux allures de programme présidentiel. Il qualifiait alors d'«inacceptables » les positions d'Emmanuel Macron sur l'islam et la laïcité, rapporte le JDD. Il n'hésitait pas non plus à employer l'expression «d'hydre islamiste», en septembre 2019, sur France Info.

Plus de décentralisation

A propos des Gilets jaunes, l'élu local n'a pas été le plus audible depuis le début du mouvement, mais il a le mérite d'avoir saisi la colère de nombreux Français. Sa proximité avec Jacques Chirac − son mentor −, qui a toujours gardé une certaine popularité auprès de la France rurale, n'y est pas étrangère. «Le mouvement des Gilets jaunes est profond. Il vient des territoires, rassemble une partie de la population qui se situe en dessous du revenu médian français, entre 1 600 et 1 700 euros mensuels. La plupart de ces personnes ont un travail, paient des impôts, ont droit aux mêmes services publics que les autres mais, en réalité, ne les ont pas», a-t-il déclaré lors d'une rencontre avec le Club de l’économie du Monde.

Celui qui porte également la casquette de «conseiller extérieur» de la banque Barclays depuis 2018 plaide pour plus de décentralisation en réponse à la crise. La Région «devrait avoir les pleins pouvoirs sur la formation professionnelle, l'insertion et l'emploi y compris la gestion de Pôle emploi» et les départements «un plus grand rôle sur les politiques de santé, pour l'accès aux soins et même les implantations d'hôpitaux», a-t-il expliqué au JDD en avril 2019. Quant aux communes, «elles peuvent en faire plus en matière d'environnement, de culture, de sport, de tourisme», a-t-il conclu.

Reste à savoir si ce positionnement suffira à convaincre les électeurs. Malgré une cote de popularité non-négligeable, il peine à s'imposer dans les sondages avec 11 % des intentions de vote, à peine plus que Xavier Bertrand (10 %) et Valérie Pécresse (7 %) si la présidentielle se déroulait aujourd'hui, selon un sondage Ifop-JDD. Pas sûr que cela suffise pour donner un nouveau souffle à une droite au bord de l'asphyxie.

Lire aussi : Après le choc des élections européennes, Les Républicains peuvent-ils remonter la pente ?

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