Polémique sur le voile islamique : à La Réunion, Emmanuel Macron se positionne sur la question

- Avec AFP

Polémique sur le voile islamique : à La Réunion, Emmanuel Macron se positionne sur la question© Mona Hammoud / RT France
Rassemblement contre l'islamphobie, le 19 octobre 2019 à Paris.

En visite officielle à La Réunion, le président français a annoncé que le voile pouvait servir d’instrument au séparatisme et au communautarisme, avant de préciser que l'Etat n'avait pas à se positionner sur le port du voile dans l'espace public.

«Le port du voile dans l'espace public n'est pas l'affaire de l'Etat» : le 24 octobre, Emmanuel Macron a voulu clarifier sa position sur cette polémique qui, depuis plusieurs semaines, divise au sein même du gouvernement, et dont s'est emparée la droite de l'échiquier politique.

En voyage à La Réunion, le chef de l'Etat, que ses opposants comme ses partisans pressaient d'intervenir sur ce sujet sensible, a tranché par une formule lapidaire. «Le port du voile dans l'espace public n'est pas mon affaire. Dans les services publics, à l'école, c'est mon affaire», a-t-il déclaré.

Malgré le positionnement de Macron, la majorité LREM reste divisée

«Dans les services publics, il y a un devoir de neutralité. Quand on éduque nos enfants, on demande qu'il n'y ait pas de signe religieux ostentatoire. Après, ce qui se passe dans l'espace public, c'est pas l'affaire de l'Etat ou du président de la République», a-t-il expliqué sur la chaîne publique Réunion la 1ère, en s'en prenant également avec virulence au «communautarisme» et «au voile instrument de revendication et de séparatisme» dans «certains quartiers».

Cependant, il n'a pas directement évoqué le cas des mères voilées accompagnantes de sorties scolaires, que Les Républicains (LR) et le Rassemblement national (RN) veulent faire interdire. Relancée par un élu RN, Julien Odoul, qui s'en est pris à une accompagnante voilée dans le cadre d'une réunion publique, la question du voile islamique enflamme les débats et au-delà des sorties scolaires, s'étend à son positionnement dans la société.

Emmanuel Macron a répondu le 24 octobre d'abord à la présidente du RN, Marine Le Pen, qui demande l'interdiction du voile et des signes religieux ostentatoires dans «tout l'espace public». Ainsi qu’à son ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer, qui a jugé que le voile n'était «pas souhaitable dans notre société», car contraire, selon lui, aux valeurs de l'égalité hommes-femmes. 

Une prise de position vivement critiquée par des députés de La République en marche (LREM) et, indirectement, par la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye à qui le voile durant les sorties scolaires ne pose «pas de difficultés». La majorité est apparue encore plus divisée quand Aurore Bergé, porte-parole LREM, s'est affirmée prête à voter un texte de l'opposition LR, déclenchant un tollé chez d'autres élus LREM.

Le groupe LR a en effet déposé une proposition de loi pour interdire le voile lors des sorties scolaires, qui sera examinée le 29 octobre au Sénat. Un texte qui risque d'alimenter la polémique alors que mi-octobre, Edouard Philippe avait tenté de siffler la fin de la récréation en précisant qu'il n'était pas question d'une nouvelle loi sur les accompagnants scolaires. 

Pour Marine Le Pen, Emmanuel Macron «c'est Ponce Pilate, il répond je m'en lave les mains»

Marine Le Pen avait effectivement reproché le 18 octobre à Emmanuel Macron de se «laver les mains» sur la question du voile, notamment lorsqu’il dit que le voile dans l'espace public «n'est pas l'affaire de l'Etat». Le chef de file des sénateurs LR, Bruno Retailleau, l'a par ailleurs accusé de «renoncement».

Le président Emmanuel Macron, «c'est Ponce Pilate, il répond : "Je m'en lave les mains."», a estimé sur France 2 la présidente du Rassemblement national, qui veut interdire le voile dans tout l'espace public.

«Le voile est une arme utilisée par l'islam politique pour aller à l'encontre de tout ce à quoi nous croyons : la laïcité, la liberté, l'égalité entre les femmes et les hommes. C'est une gigantesque régression à laquelle le président Emmanuel Macron oblige les Français à se soumettre», a ajouté la finaliste de la présidentielle en 2017.

De son côté, en soutien au chef de l'Etat, le président du groupe LREM à l'Assemblée nationale, Gilles Le Gendre, a estimé que «les bonnes réponses ne consistent pas à réinventer la laïcité». «Nous sommes en train, le groupe parlementaire et LREM, d'organiser une démarche coordonnée pour clarifier ces notions» de laïcité et de communautarisme pour «envisager les bonnes réponses», a-t-il poursuivi sans davantage de précisions. 

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