«La France envisage des frappes contre Daesh en Syrie», dit Hollande

Le président de la république François Hollande et le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian.© Pool New Source: Reuters
Le président de la république François Hollande et le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian.

Le président de la république a demandé au ministre de la Défense de faire des «vols de reconnaissance» en Syrie où la France «envisage des frappes».

François Hollande, s'est exprimé, lundi 7 septembre, à l'occasion de sa sixième conférence de presse semestrielle. Le chef de l'Etat a tout de suite évoqué la question des frappes aériennes en Syrie, sur laquelle il était très attendu. 

Lors de la même conférence de presse, le président s'est aussi longuement exprimé sur la question de la crise des migrants qui touche l'Europe, liant ce sujet à celui du terrorisme. D'autres sujets de l'actualité ont été évoqués : le chômage, la croissance, la baisse des impots, etc.

Daesh et la Syrie

Après quelques minutes, le président évoque Daesh et répond à la question des frappes en Syrie. «J'ai demandé au ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian de mener des vols de reconnaissances en Syrie, où nous envisageons des frappes», a-t-il dit, avant d'ajouter : «c'est de la Syrie que sont organisées les attaques» de l'Etat Islamique (EI). François Hollande rappelle que la France s'était déjà tenue prête à frapper la Syrie lorsque des souçons d'utilisation d'armes chimiques avaient été émis. «Ce que nous voulons savoir, c'est ce qui se prépare contre nous et contre la population syrienne». Il précise que les vols de reconnaissance se feront «en lien avec la coalition».

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Répondant à une question d'un journaliste qui lui demande s'il exclut une intervention terrain, François Hollande affirme que ce «serait inconséquent et irréaliste d'envoyer des troupes françaises au sol [...] parce que nous serions seuls». «Nous ne ferons pas d'intervention au sol, pas plus que nous ne le ferons en Irak», conclue-t-il, affirmant que «c'est aux Syriens et aux pays voisins de prendre cette responsabilité».

François Hollande s’exprime sur la question syrienne au cours de sa conférence de presse

Les pays sur lesquels incombe la responsabilité des interventions terrain, pour le président, sont «les pays du Golfe, la Russie ou l'Iran». Il précise que «le départ de Bachar Al-Assad est posé dans la transition».

Le président estime qu'une solution doit être trouvée «avec le régime» syrien mais maintient que «Bachar Al-Assad doit partir».

Quand une journaliste lui rappelle que la Russie supporte les autorités syriennes et demande si la France va entrer en guerre contre la Russie en Syrie, le chef de l'Etat rappelle la différence entre le «régime» et Bachar Al-Assad. «La Russie est un allié du régime mais n'est pas un soutien indéfectible à Bachar Al-Assad».

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La crise des migrants

Sur la question des migrants, le président annonce que la France va accueillir 24 000 réfugiés et que les quotas qu'il va mettre en place avec Angela Merkel seront «obligatoires». Une réunion des maires doit être mise en place, samedi 12 septembre, pour coordonner l'accueil des réfugiés.

Le chef de l'Etat propose «une conférence internationale sur les réfugiés, qui se tiendra à Paris», rappelant que les pays du Sud sont également concernés par la crise des migrants, pas uniquement les pays du Nord.

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Répondant à un journaliste qui lui demande si l'accueil des réfugiés ne signifie pas le risque d'une invasion de l'Europe par les populations déplacées, François Hollande précise que le mécanisme de quotas concerne «ceux qui sont déjà arrivés et qui relèvent du droit d'asile et uniquement ceux-là».

Le président rappelle aussi la nécessité de créer des centres dans les pays d'origine des réfugiés et parle «d'engagement» avec ces pays d'origine et les pays de transit.

«Il y a des pays qui voudraient faire des critères ethniques, qui veulent bâtir des murs, mais qu'auraient pensé ces pays si nous avions agi ainsi il y a 30 ans, lors de la chute du mur de Berlin ?» Ajoute-t-il, faisant directement référence à la Hongrie et au mur de barbelé que le pays a érigé le long de sa frontière avec la Serbie.

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Sur le mécanisme de quotas, le président explique qu'il faut une politique à l'échelle européenne : «s'il n'y a pas cette politique d'ensemble, le mécanisme explosera et ça sera la fin de Schengen».

Le référendum sur le Brexit

«La France souhaite que le Royaume-Uni reste dans l'Union Européenne» affirme le président. «Un pays qui joue un tel rôle sur la scène international ne peut pas quitter l'UE, ça ne serait pas son intérêt».

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La guerre civile ukrainienne

Interrogé sur la question de la crise en Ukraine, Hollande a annoncé qu'une réunion au «format Normandie» allait se tenir à Paris, «avant l'assemblée générale des Nations Unies, pour faire le bilan». A cette occasion, le président a affirmé qu'il plaiderait «pour une levée des sanctions qui touchent la Russie, si la logique des accords de Minsk est respectée».

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Le réchauffement climatique

«Il y a des risques d'échec» prévient le président, évoquant la cop21, le sommet sur le climat qui se tiendra à Paris en décembre. «C'est sur la question du financement que tout va se jouer» affirme-t-il : «il n'y aura pas d'accord s'il n'y a pas d'engagement ferme sur le financement». Selon le président, c'est le sujet qui s'impose : «c'est là-dessus que la France va lancer son initiative [...] et nous devons arriver à un pré-accord».

«Si on ne conclut pas, si aucune mesure substancielle n'est prise, ce ne sont pas de centaines de milliers de réfugiés auxquels nous ferons face dans les années à venir, mais des millions : les naufragés du climat», avertit le chef de l'Etat.

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Le chômage et la croissance

François Hollande rappelle que les objectifs visent une croissance à 1,5% d'ici à 2016, chiffre qu'il estime «raisonnable». Très attendu sur la question de la baisse des impôts, le président a annoncé qu'elles seraient à hauteur de «deux milliards d'euros en 2016» tout en rappelant qu'il n'était «pas question de faire augmenter le déficit [...] pour qu'en 2017 nous soyons en-dessous de 3%».

Le chef de l'Etat refuse par ailleurs d'augmenter la TVA, estimant que des efforts sont à faire mais que l'augmentation des taxes est nuisible.

«Sur trois ans, nous allons baisser l'impôt sur le revenu», promet le président, mais tout en évitant de baisser les charges sociales.

Lorsqu'un journaliste lui rappelle que sa candidature en 2017 dépend de la courbe du chômage, le président avance : «Ce que les Français demandent, ce sont des résultats». «Une baisse du chômage sur une période significative» est toujours une condition pour une potentielle candidature à la présidentielle de 2017, pour François Hollande : «c'est une évidence morale», insiste-t-il.

Le droit du travail

«Le smic, les contrats de travail, la durée légale du travail, sont des conditions posées pour pouvoir négocier», commence François Hollande, expliquant qu'on ne touchera pas à ces seuils.

Le président annonce un «projet de loi qui permettra des ouvertures de négociations entre salariés et patronnat». Le dialogue social doit s'ouvrir, selon le chef de l'Etat, qui ne donne pas de précisions sur la nature de la loi.

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Les élections régionales

Un journaliste rappelle au président qu'il avait parlé de «vote de défiance à l'égard du président de la république» lors des élections régionales de 2010 qui voyait une victoire de la gauche, lors de la présidence de Nicolas Sarkozy. François Hollande tempère et rappelle qu'un autre triomphe de la gauche aux régionales, en 2004, n'avait pas permis à Ségolène Royal de remporter la présidentielle de 2008 face à Nicolas Sarkozy.

Les discriminations

Interrogé sur le sujet, le président a confirmé qu'il préparait un projet de loi sur la lutte contre les discriminations. «Cette loi a été préparée par le parlement», précise-t-il, estimant que les exemples de discriminiations sont «intolérables». La loi doit porter, entre autre, sur les actions de groupe, pour faciliter les procédures de groupes agissant au nom d'individus.

Il a néanmoins annoncé que le CV anonyme serait abandonné. Selon Hollande, c'est une «mauvaise idée».

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