Enquête sur les milices nationalistes ukrainiennes : Paul Moreira fait condamner le «Comité Ukraine»

Enquête sur les milices nationalistes ukrainiennes : Paul Moreira fait condamner le «Comité Ukraine»
Le journaliste Paul Moreira en 2013
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Plus de trois ans après la publication d'un article du «Comité Ukraine», blog pro-Maïdan sur le site de Libération, le journaliste Paul Moreira a obtenu gain de cause. L'auteur du texte a été condamné en dernière instance pour diffamation.

C'est la fin d'un long chemin judiciaire pour le journaliste Paul Moreira : il a obtenu gain de cause dans l'affaire qui l'opposait au «Comité Ukraine», blog hébergé par Libération. Ce dernier a en effet vu sa condamnation pour diffamation confirmée par la 17ème chambre correctionnelle à la Cour de cassation, dans une décision rendue publique le 18 juin.

En cause, rapporte Paul Moreira sur son compte Facebook : un article du blog susnommé écrit en février 2016 par Anna Chesanovska, porte-parole du mouvement Euromaïdan en Ukraine – mobilisation qui aboutira à un coup d'Etat renversant le président Victor Ianoukovitch, en 2014.

L'article d'Anna Chesanovska accourait en défense des deux chefs de milice et affirmait que j'avais manipulé sciemment leurs interviews afin de les faire passer pour des "bêtes féroces"

«Elle avait travaillé quelques jours comme traductrice pour mon enquête sur les milices nationalistes : "Les masques de la révolution", diffusée sur Canal Plus en 2015 [et avait] traduit les interviews de deux leaders d'extrême-droite. Le chef néo-nazi de la brigade Azov : Andreyi Biletsky. Et un député du "Parti Radical" : Igor Moïssichuk, autre figure musclée qui avait torturé des opposants devant les caméras et posté les vidéos sur YouTube», rappelle le natif de Lisbonne.

Alors qu'elle était venue «trois jours» apporter «un renfort à la traduction», Paul Moreira raconte : «J'ai compris qu'Anna Chesanovska nourrissait une admiration enthousiaste pour ces deux hommes. Elle fut un peu déçue du résultat. Elle ne fut pas la seule.» Car l'ambassade d'Ukraine a critiqué à l'époque le film. Pêle-mêle, le journaliste avait vu les réseaux liés aux nationalistes ukrainiens mobiliser «tous leurs soutiens, chez les militants, trolls, "experts" ou journalistes amis», pour, selon son témoignage, proférer des injures et des menaces de mort sur les réseaux sociaux et agir sur sa page Wikipedia. 

L'article demeure toujours en ligne et n'a pas été corrigé

Le blog «Comité Ukraine», «auréolé d'une réputation de sérieux» selon Paul Moreira, publiait en février 2016 un texte «volontairement mensonger». «L'article d'Anna Chesanovska accourait en défense des deux chefs de milice et affirmait que j'avais manipulé sciemment leurs interviews afin de les faire passer pour des "bêtes féroces". Son attaque avait les apparences de la révélation. Elle avait participé à l'équipe, elle se targuait d'un statut de témoin», rapporte encore le journaliste.

Après avoir, sans réponse, «envoyé un long message à Renaud Rebardy, l'un des gestionnaires du blog "Comité Ukraine", avec les citations exactes et lui demandant de regarder par lui-même et rétablir les faits», Paul Moreira avait porté plainte en diffamation contre l'auteur de l'article. Ce 2 juillet en fin de matinée, l'article n'avait toujours pas été modifié. «On reconnait les propagandistes à ce qu'ils préfèrent toujours un mensonge utile à une vérité dérangeante», ironise le journaliste. «La justice m'a alloué la possibilité d'acheter un encart afin de rendre publique cette décision de justice. Nous pensions pouvoir publier ce communiqué judiciaire dans l'espace blogs de Libération afin d'y rétablir un semblant d'équilibre. Le journal Libération a refusé de nous vendre un espace pour cette publication», déplore enfin Paul Moreira.

Lire aussi : Paul Moreira filme l'extrême-droite ukrainienne : «Je ne m'attendais pas à tomber sur autant de déni»

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