Haro sur les trottinettes à Paris : Hidalgo se fait tacler par ses opposants

Haro sur les trottinettes à Paris : Hidalgo se fait tacler par ses opposants© JOEL SAGET Source: AFP
Une trottinette de la marque Lime abandonnée sur un trottoir parisien, mai 2019 (image d'illustration).

Les municipales auront lieu en 2020, et Anne Hidalgo ne peut pas prêter le flanc aux accusations de laxisme dont elle est l'objet pour sa gestion des transports à Paris. L'édile fait donc feu sur la trottinette, mais l'opposition n'est pas en reste.

Après avoir accepté l'entrée de la trottinette dans le marché des transports présentés comme une alternative à la voiture, le maire de Paris Anne Hidalgo veut à présent en «finir avec l'anarchie», comme elle disait ce 6 juin lors d'une conférence de presse.

L'édile, qui pourrait se présenter à nouveau pour les élections municipales en 2020, a annoncé une série d'actions afin de satisfaire les Parisiens excédés par la gêne occasionnée par ces engins sur les trottoirs de leur ville. Le maire de la capitale française a ainsi fustigé : «Chaque semaine est marquée par un fait divers ; une femme percutée dans un jardin, une personne âgée renversée sur passage piéton et décédée. Mon rôle de maire est de défendre ces victimes et d'en éviter d'autres.»

Concrètement, Anne Hidalgo veut voir entrer en vigueur ces «mesures d'urgence» dès le début du mois de juillet afin de «pacifier les rues» un an après l'arrivée des trottinettes en libre-service à Paris : une vitesse ramenée à 20km/h dans toute la ville et même à 8km/h en zone piétonne, une interdiction de garer les trottinettes sur les trottoirs et de rouler dans les parcs et jardins. Ensuite, la ville de Paris va lancer un appel d'offre afin de ramener à deux ou trois le nombre de sociétés autorisées à louer les trottinettes en libre-service dans la capitale, alors qu'il y en a aujourd'hui 12, notamment Lime, Bird, Bolt, VOI et Circ.

Les opposants à Hidalgo étrillent sa gestion de la capitale

Les élus parisiens de l'opposition ont fait part de leur agacement à la suite de cette conférence de presse et ont notamment fustigé le manque d'anticipation de la mairie dans ce dossier : «La mairie a trois rames de métro de retard. Ils viennent de comprendre que leur charte de bonne conduite n’a aucun effet et que des mesures s’imposent. Mais la mairie de Paris devrait surtout s’interroger sur les raisons qui poussent autant de Parisiens à utiliser la trottinette. Metro saturé, bus trop lents, embouteillages à gogo… Plus il y aura des problèmes de transports, plus il y aura des trottinettes à Paris !», a ainsi affirmé un conseiller de Paris membre des Parisiens Progressistes, Constructifs et Indépendants, Alexandre Vesperini.

Dans un registre énigmatique, le député de La République en marche Pacôme Rupin a pour sa part déploré : «La gestion du free-floating [libre-service] par la mairie de Paris, ou comment conjuguer laxisme et lâcheté.» Et d'ajouter : «Comme souvent avec Anne Hidalgo, la faute est toujours celle des autres. Le cadre juridique de la LOM [loi d’orientation sur les mobilités] vise à permettre aux maires de réguler les offres de free-floating, pas de mieux gérer le stationnement et la circulation qui sont deux compétences de la ville où elle doit et peut agir. Elle doit assumer son retard de réaction et prendre en compte les milliers de piétons parisiens qui subissent ce laisser-faire.»

Par la voix de l'élue Florence Berthout, le groupe Les Républicains et Indépendants (LRI) a quant à lui brocardé l'«incapacité viscérale» d'Anne Hidalgo «à anticiper les grands mouvements et écouter le terrain». La présidente de ce groupe a également assuré qu'elle recevait quotidiennement de nombreux «messages, mails, appels pour des accidents de trottinettes.»

L'insoumise Danielle Simonnet a quant à elle choisi l'humour : «On continue dans le mur mais on y va moins vite.» Enfin, le président du groupe communiste Nicolas Bonnet Oulaldj a évoqué l'aspect social et environnemental du phénomène trottinettes : «Au-delà des seules questions de sécurité, nous devons imposer des exigences sociales et environnementales pour tendre à une mobilité responsable. Nous voulons une clause sociale pour garantir l’exploitation de ces engins avec des emplois salariés de qualité, et une clause environnementale vérifiant l’impact environnemental du cycle de vie de ces engins.»

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