Surprise écologiste, effondrement de LR : la campagne de Paris secouée par les européennes

Surprise écologiste, effondrement de LR : la campagne de Paris secouée par les européennes© Eric Feferberg Source: AFP
Paris (image d'illustration).

L'effondrement des votes LR et l'essor des écologistes ont créé la surprise lors des européennes. Une nouvelle donne politique qui rebat les cartes pour les futures municipales, notamment à Paris, où le camp présidentiel est pour l'instant fragmenté.

Moins de dix jours après les élections européennes, le coup d'envoi de la campagne municipale est officieusement lancé à Paris, dans un paysage politique en profonde mutation.

«Je suis même prêt à m'allier à des gens de gauche s'il le faut parce que Madame Hidalgo met Paris dans une situation insupportable», a lancé le maire (LR) du XVIe arrondissement Claude Goasguen, comme une bouteille à la mer devant la déconfiture de son parti dans la capitale, au profit de liste de la majorité présidentielle.

Car le vote macronniste a explosé dans l'Ouest parisien, fief historique de la droite, plaçant, selon les sondages, LR dans les meilleurs des cas en deuxième position, souvent en troisième et hors du podium, dans 11 des 20 arrondissements de la capitale. 

Bousculade de candidats chez LREM

Benjamin Griveaux, généralement présenté comme le favori de LREM pour les municipales, a cependant douché les espoirs du maire du XVIe arrondissement en déclarant au Parisien, le 1er juin, ne pas vouloir d'une alliance avec le parti de droite, mais plutôt en récupérer les éléments les plus prometteurs à ses yeux : c'est le cas par exemple de Delphine Bürkli, le maire du IXe avec qui il dit échanger «depuis un an» ou encore des «conseillers de Paris». 

L'ancien porte-parole du gouvernement d'Emmanuel Macron jouit du soutien des poids lourds de la macronnie dans son projet de candidature, tels les membres du gouvernement Marlène Schiappa ou Julien Denormandie. Ce dernier devrait d'ailleurs participer à la commission d'investiture du parti pour le scrutin, selon les informations de l'AFP. Mais Benjamin Griveaux n'est pas seul dans son parti à pouvoir remporter la candidature LREM.  

«Les joyeux combattants pour les municipales sont sur la ligne de départ prêts à se dépenser jusqu’à la mort», se réjouissait métaphoriquement le mathématicien et député LREM Cédric Villani fin mars, usant d'une formule détonante dans un parti généralement peu enclin à mettre en scène les divergences entre ses membres. 

Quelques jours plus tard, un sondage commandé par Le Figaro plaçait le scientifique en seconde place parmi les prétendants LREM dans le cœur des électeurs parisiens, derrière Benjamin Griveaux. 

Autre prétendant LREM : Mounir Mahjoubi, dont la candidature se démarque par la multiplication de propositions originales. L'ancien secrétaire d'Etat au Numérique a ainsi proposé de créer un réseau de navettes électriques baptisé Paris Facile, pour pallier les défaillances d'Autolib' et Vélib'. Il a également prôné une division de Paris en 240 quartiers de sécurité au sein desquels au moins deux agents de police devraient pouvoir intervenir «en moins de 5 minutes» grâce notamment à la présence d'un drone de surveillance.

Il faut ajouter à ce trio de tête deux autres candidatures LREM survenues depuis : celles de l'adjointe au maire du IVe arrondissement Anne Lebreton et du député du XVe arrondissement et vice-président de l'Assemblée nationale Hugues Renson. La première défend le «renouvellement des visages» et fait valoir l'importance «qu'un femme soit en lice», tandis que le second vante sa candidature comme celle qui permettra au camp présidentiel de rester «[lui]-même», soit ni à droite ni à gauche.

Quoi qu'il en soit, le délégué général de LREM a informé, selon l'AFP, les postulants à l'investiture que le candidat serait choisi entre la troisième semaine de juin et la fin de la première semaine de juillet. Une décision critiquée par Cédric Villani, qui aurait souhaité «un temps d'échange supplémentaire», mais qui devrait satisfaire Benjamin Griveaux qui désirait une décision «avant l’été».  

Dati toujours déterminée, Hidalgo en bonne position

«Je ne suis pas surprise», commentait Rachida Dati, maire Les Républicains (LR) du VIIe arrondissement, au sujet de la déconfiture de son parti aux européennes devant Ruth Elkrief sur BFMTV le 29 mai. Selon la prétendante pour la candidature de droite à la mairie, qui se dit «très proche» des habitants de son arrondissement, les électeurs LR passés à LREM lors du dernier scrutin peuvent revenir à la droite.

«J'ai fait les meilleurs scores [aux élections européennes dans son arrondissement, parmi les Républicains]», a-t-elle lancé à ses détracteurs, parmi lesquels Claude Goasguen. Quant aux figures de son parti tentées par la création d'un nouveau groupe au Conseil de Paris, dans le cadre d'une «stratégie d'ouverture» vis-à-vis de LREM, l'ancienne garde des Sceaux leur a réservé l'une de ses formules dont elle a le secret : «Vous savez comment finit la droite chewing-gum ? Collée sous la semelle des Marcheurs».

Selon sondage commandité par le Figaro fin mars, Rachida Dati arriverait en tête du premier tour avec 23% des intentions de vote dans un cas de figure : si le candidat LREM était Mounir Mahjoubi. 

La surprise verte des européennes trouvera-t-elle une traduction à Paris ?

Autrement, la liste de droite serait reléguée à la deuxième ou troisième place, la première place étant disputée entre le maire socialiste sortant Anne Hidalgo et le candidat LREM : Benjamin Griveaux ou Cédric Villani.

Autre incertitude : le score d'Europe Ecologie les Verts (EELV), nouveau parti fort de la gauche, arrivé en tête dans les arrondissements de l'Est parisien aux européennes... et prônant une union des gauches pour ce scrutin, face à la droite et à LREM. «Je veux qu'on arrive en tête, et qu'Anne Hidalgo ainsi que la gauche se réunissent autour des écologistes», a d'ailleurs déclaré à CNEWS le 2 mai David Belliard, candidat des écologiste aux élections municipales. «Il y aura forcément une alliance», a-t-il martelé, faute de candidat capable de récolter suffisamment de voix au premier tour pour prétendre à «exercer le pouvoir seul».

Lire aussi : Vers une alliance entre macronistes et écologistes ?

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