«J'ai fait mon boulot» : BHL se réjouit de la défaite des populistes aux élections européennes

«J'ai fait mon boulot» : BHL se réjouit de la défaite des populistes aux élections européennes © BENOIT TESSIER Source: Reuters
Bernard-Henri Levy en juillet 2018.

Interviewé par Les Echos, le philosophe Bernard Henri-Levy a expliqué que la «pédagogie» exercée contre les populistes avait «enrayé» leur dynamique. Le philosophe considère par ailleurs «Poutine et Trump» comme deux ennemis extérieurs de l'Europe.

Le résultat du scrutin l'a semble-t-il rassuré malgré une poussée historique des partis populistes de droite et des eurosceptiques. Bernard-Henri Lévy (BHL) a affiché un certain optimisme lors d'un entretien accordé aux  Echos et publié le 27 mai, au lendemain des élections européennes. Selon-lui la dynamique populiste a été enrayée grâce à la «pédagogie» menée au niveau européen, notamment la sienne.

Le truculent philosophe s'est en effet livré à une tournée dans 22 villes européennes pour y prêcher son «texte de combat», et a rencontré à ce titre le président français Emmanuel Macron le 21 mai. 

L'Italie, le «pays le plus fragile» d'Europe ?

Présentée comme le berceau du «fascisme européen» au siècle dernier, l'Italie reviendrait, selon le philosophe, à ses anciens démons. Le populisme y connaîtrait une «vraie adhésion populaire». C'est la raison pour laquelle BHL a choisi l'Italie, qu'il décrit comme le «pays le plus fragile» d'Europe pour débuter sa tournée européenne. 

Mais bien que la Ligue de Matteo Salvini ait remporté largement le scrutin avec 34,33% des voix, BHL s'est réjoui du score moins bon de M5S, autre membre du gouvernement, arrivé troisième avec 17,07% des voix. Selon le philosophe, cette contre-performance risquerait d'affaiblir l'alliance entre les deux formations. 

Le penseur a par ailleurs salué «les mises en garde répétées du Vatican à l'endroit de l'inhumanité de la politique anti-migrants de Salvini», qui auraient perturbé la progression du populiste. 

Viktor Orban «terrifié» par son image de populiste ?

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban, qui bat des records d'adhésion à sa politique anti-immigration et nationaliste serait par ailleurs «terrifié - il n'y a pas d'autre mot - par le rôle qu'on veut lui faire jouer», selon BHL. Le dirigeant, qui a réfuté tout lien avec Marine Le Pen, n'aurait en effet «ni le goût ni l'envie» de prendre la tête des populistes en Europe. 

«Indépendamment des populistes, l'Europe a deux ennemis : Poutine et Trump, d'un côté, et le découragement intérieur, de l'autre», a encore expliqué l'intellectuel, qui a multiplié les déplacements en Europe pour y prêcher son idéal. «Pour ma part, en tout cas, j'ai fait mon boulot», a-t-il déclaré satisfait. 

Tandis que les eurosceptiques, les populistes et les nationalistes ont connu des scores records pratiquement partout en Europe, le fonctionnement du Parlement européen ne devrait guère s'en sentir affecté. Même regroupé dans un ensemble théorique, les formations populistes européennes n'atteignent en effet pas la majorité, les plus grands groupes étant le PPE (droite, environ 180 sièges sur 751), le S&D (sociaux-démocrates, 145 sièges), et ALDE&R (alliance de libéraux comprenant notamment les macronistes, 109 sièges).

Autre difficulté pour les populistes : l'absence d'entente concrète liées à leurs positionnements respectifs qui les empêchent de créer une grande coalition. Le parti au pouvoir en Pologne, Droit et justice (PiS), a exclu, à l'instar de Viktor Orban, toute alliance avec le Rassemblement national. 

«Nous sommes souples, mais nous excluons une alliance avec un groupe parlementaire comprenant le Front national français», a ainsi déclaré (en utilisant l'ancien nom du parti) le chef du PiS Jaroslaw Kaczynski, qui a affirmé être prêt à collaborer avec la Ligue de Matteo Salvini et le parti espagnol Vox. Le dirigeant reprocherait notamment au parti de Marine Le Pen des liens supposés avec Moscou. 

Lire aussi : Européennes : les nationalistes au pouvoir en Hongrie et en Pologne triomphent

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