La gauche fait «le grand procès» d'Emmanuel Macron avec Ruffin en témoin et Lordon en procureur

A la Bourse du travail de Paris, plusieurs personnalités marquées à gauche ont organisé un faux procès à l'encontre de l'accusé Emmanuel Macron. Plusieurs dizaines de personnes, dont des Gilets jaunes, ont assisté à cette audition insolite.

Le journaliste engagé à gauche Daniel Mermet en juge, Emmanuel Macron en accusé. Un procès inédit (et parodique), contre l'actuel président de la République s'est tenu le 7 mai à la Bourse du travail de Paris. Dans une salle comble, remplie de plusieurs dizaines de personnes, cette mise en scène intitulée «Le grand procès de Macron» a été marquée par la présence de plusieurs politiques de gauche dont Frédéric Lordon dans le rôle du procureur ou François Ruffin, Raquel Garrido et Gérard Filoche dans le costume des témoins.

Des Gilets jaunes étaient sur place, dans l'assistance. Les sifflets ont été copieux quand la photo d'Emmanuel Macron a été portée jusqu'au banc des accusés, le chef de l'Etat n'étant évidemment pas présent dans la salle physiquement.


Des Gilets jaunes ont également témoigné à la barre. L'une d'entre elle s'est dite «dégoûtée» par le fait qu'Emmanuel Macron «n'ait pas eu un mot pour Zineb Redouane», cette octogénaire décédée après qu'un tir de gaz lacrymogène ait atterri dans son appartement, en marge d'une manifestation des Gilets jaunes le 1er décembre à Marseille.

Le député de La France insoumise François Ruffin s'est quant à lui mis dans la peau du milliardaire Bernard Arnault : «Le temps c'est de l'argent et dans mon cas, c'est beaucoup d'argent.»

Dans son réquisitoire, le philosophe Frédéric Lordon a pour sa part demandé l'exil d'Emmanuel Macron au Luxembourg : «C'est un paradis fiscal - on y aime la finance sans réserve - et presque voué entièrement à l'argent. C'est un endroit d'une laideur existentielle à mourir. En somme, c'est votre lieu naturel.»

L'avocat Arié Alimi qui défend des victimes de violences policières, telles que la Gilet jaune Geneviève Legay, a estimé que ce procès parodique avait permis de mettre en lumière ces abus et a jugé qu'Emmanuel Macron «pren[ait] la droite ligne des politiques antérieures» : «Les violences policières [...] ne datent pas d'Emmanuel Macron, il y en avait déjà sous [Manuel] Valls et avant encore.»

Sous les applaudissements, le jury populaire a finalement voté pour l'exil du président français au Luxembourg.

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