France : malgré les efforts, le déficit public repart à la hausse
© Getty ImagesLe déficit budgétaire de l’État atteint 106,8 milliards d’euros au premier semestre 2026, en hausse de 6,4 % sur un an. Les recettes progressent, mais la hausse des dépenses, notamment des intérêts de la dette et du budget militaire, creuse l’écart. Le gouvernement fait face à une pression accrue pour contenir la dette et respecter ses objectifs.
Selon les chiffres publiés le mardi 4 août par le ministère de l'Action et des Comptes publics, l'État a accumulé, entre le 1er janvier et le 30 juin, un déficit budgétaire supérieur de 6,4 milliards d'euros à celui enregistré sur la même période en 2025.
Cette dégradation intervient après une embellie en 2025, lorsque le déficit de l'État avait reculé de 31,7 milliards d'euros en un an. Mais les données des six premiers mois de 2026 montrent que cette dynamique de redressement semble désormais s'essouffler, alors que le gouvernement espérait encore réduire le déficit public à 5 % du PIB.
Les recettes de l'État restent pourtant relativement solides. Sur le semestre, les recettes du budget général ont progressé de 2,8 %, portées notamment par la TVA (+4,2 % à périmètre constant) et l'impôt sur le revenu (+2,7 %). L'État a également bénéficié en janvier de la restitution de 6,9 milliards d'euros correspondant aux dotations de recherche arrivées à échéance. En revanche, les revenus issus des taxes énergétiques ont reculé.
Un massif déséquilibré
Le principal problème vient de la progression des dépenses, qui ont augmenté de 5,6 % sur un an. La charge de la dette pèse particulièrement lourd : l'État a versé 34,5 milliards d'euros d'intérêts au premier semestre, soit une hausse de près de 19 %.
Les dépenses militaires contribuent également à cette hausse. Elles progressent sous l'effet des engagements militaires et des opérations extérieures, alors que la nouvelle loi de programmation militaire prévoit 36 milliards d'euros supplémentaires pour la défense entre 2026 et 2030. Le prélèvement français au budget de l'Union européenne a également augmenté de 23 %.
Au total, l'État a encaissé 187,7 milliards d'euros au premier semestre, contre 276,8 milliards d'euros de dépenses, hors comptes spéciaux et budgets annexes. Malgré les mesures d'économies annoncées et le gel de certains crédits, le déséquilibre reste massif. Une situation qui alimente mécaniquement la hausse de la dette publique et complique l'objectif de redressement budgétaire fixé par l'exécutif.