Tollé face à la nouvelle campagne antiraciste de l'UNEF

Tollé face à la nouvelle campagne antiraciste de l'UNEF© Capture d'écran @UNEF
Extrait d'une vidéo antiraciste de l'UNEF.

De nombreuses personnalités se sont insurgées contre la nouvelle campagne antiraciste de l'UNEF et leur opposition à une pièce d'Eschyle comportant des blackfaces. L'écrivain Pierre Jourde a même qualifié l'organisation de «syndicat de talibans».

L'UNEF ne finit pas de susciter la polémique au-delà du cercle étudiant. Le syndicat s'est attiré de nombreuses protestations en demandant l'annulation d'une représentation d'une pièce du dramaturge grec Eschyle à la Sorbonne car certaines comédiennes arboraient étaient maquillées de noir. Et le 8 avril, l'UNEF a mis en ligne une vidéo à visée antiraciste qui, comme on peut le voir sur les réseaux sociaux et jusque dans la presse, a suscité un tollé.

Le racisme, c'est un oppression systémique qui est ancrée dans notre société

Le spot de leur campagne antiraciste s'ouvre sur des visages d'étudiants qui clament en chœur : «Je suis une personne "racisée" et je suis militant.e à l'UNEF.»

«Le racisme, c'est un oppression systémique qui est ancrée dans notre société», déplorent-ils. Une étudiante évoque «les dominants assimilés aux personnes blanches et les dominés aux personnes non blanches». Ils dénoncent le fait que selon l'Observatoire de la vie étudiante, 23% des étudiants ont été moins bien traités du fait de leur origine ou de leur nationalité. «Arrêtons de fermer les yeux sur les inégalités qui découlent de l'oppression systémique qu'est le racisme», intiment-ils dans la vidéo.

L'UNEF accusé de censure et de logiques identitaires

Il n'en fallait pas davantage pour déclencher les foudres de l'écrivain Pierre Jourde.

Dans une tribune publiée dans L'Obs, il a dénoncé le syndicat, dont il évoque un caractère «idiot, totalitaire, analphabète et obscurantiste». Il y éreinte ses membres, qualifiés de «demeurés de l’UNEF», de «crétins incultes». Dans son réquisitoire, il accuse l'organisation de raisonner «comme une savate».

Dénonçant une «confusion mentale», il s'interroge au sujet du théâtre : «Est-ce qu’il faut absolument avoir été centurion, bossu, auvergnat ou sioux pour jouer un centurion, un Auvergnat, un bossu ou un Sioux ? Est-ce que tous les bossus doivent faire interdire les pièces où on montre des bossus ?» Selon lui, leur perception du «racisme omniprésent à l’échelle nationale [...] relève en grande partie de la paranoïa racialiste». L'écrivain estime que les «crispations identitaires» actuelles au sein du syndicat «sont plus caractéristiques de la droite la plus régressive que de la gauche». Et selon lui, leur «guerre contre la culture» s'apparente plus au «nazisme qu'aux gardes rouges».

La vidéo a été republiée par Raphaël Enthoven, qui a ironisé sur le fait que l'UNEF agisse «pour que le racisme avance, pour que les gens soient réduits à la couleur de leur peau, et pour qu'une République où le racisme est un délit soit tenue pour "systémiquement raciste"». La militante laïque Zineb El Rhazoui l'a retweeté. 

L'écrivain Joseph Macé-Scaron a quant à lui publié un dessin satirique sur la présence d'une étudiante voilée à la tête de l'UNEF Sorbonne, le syndicat étant encore en 2013 tant attaché à la laïcité qu'il s'était prononcé contre le port de ce signe religieux à la faculté.

A propos de l'appel à la censure de la pièce, de grands metteurs en scène, comme Ariane Mnouchkine ou Wajdi Mouawad, avaient signé une tribune publiée dans Le Monde dénonçant une « logique de censure intégriste et identitaire». Jean-Frédéric Poisson, président du Parti chrétien-démocrate, s'en était aussi ému.

L'UNEF Sorbonne université avait en effet exigé dans un communiqué l'«annulation de la représentation» et la formulation d'«excuses» de la part de l'université pour «la pratique raciste» du blackface.

Ce vent de protestation contre l'UNEF a suscité des réactions du syndicat. Mélanie Luce, la présidente de l'UNEF, a dénoncé la «comparaison grave, injurieuse et calomnieuse publiée par l'Obs».

 

Son vice-président Abdoulaye Diarra, a demandé sur Twitter de «réfléchir trois secondes» et d'arrêter d'attaquer «une orga de jeunesse qui dénonce le racisme et remet en cause les schémas de domination».

Lire aussi : «Blackface» à la Sorbonne : Jean-Yves Le Gallou et Louis-Georges Tin débattent sur RT France

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