Parents 1 et 2 au lieu de père et mère : «Délire» et «contre-vérités» pour la presse en 2012 ?

Parents 1 et 2 au lieu de père et mère : «Délire» et «contre-vérités» pour la presse en 2012 ?© ERIC FEFERBERG Source: Reuters
Des opposants au mariage homosexuel défilent à Paris en mai 2013.

L'introduction des termes «parents 1 et 2» par la loi sur «l'école de la confiance» n'a pas échappé aux opposants du «mariage pour tous» de 2013. Ceux-ci ont rappelé que, face à leurs craintes d'alors, des journaux évoquaient des «contre-vérités».

L'amendement voté le 13 février dans le cadre de la loi sur «l'école de la confiance» suscite un tollé à droite. Le texte, qui prévoit à terme la disparition des mentions «père» et «mère» au profit de «parent 1» et «parent 2», a donné un second souffle aux opposants au mariage de couples de personnes de même sexe, alias «mariage pour tous», porté par François Hollande et la garde des sceaux Christiane Taubira, et adopté en avril 2013.

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Certains observateurs n'ont en effet pas manqué de rappeler que plusieurs médias, Libération en tête, avaient alors, en pleine polémique, consacré des articles battant en brèche l'affirmation selon laquelle le projet de loi aboutirait à «rayer du code civil le terme de père et de mère pour le remplacer par parent A et parent B». «A [croire les opposants au mariage pour tous], le texte de loi entraînerait la disparition des termes "père" et "mère" du code civil et des documents administratifs», relève ainsi la députée Valérie Boyer (Les Républicains) sur Twitter, citant un article du service Désintox de Libération – l'ancêtre de la rubrique Checknews – daté du 27 novembre 2012.

«Savoureux de relire les "désintox" de l'époque du mariage pour tous où on expliquait qu'il relevait du délire de parler de la possibilité de "parent A" et "B"», relève pour sa part la journaliste Eugénie Bastié.

De fait, dans son effort de vérification, Libération s'est surtout attaché à réfuter la disparition des notions de père et mère du Code civil, au sens strict. «Des parents A et B (ou 1 et 2) en lieu et place des pères et mères ? L’image a le mérite d’être frappante. Mais elle a l’inconvénient de ne reposer sur strictement aucune réalité», écrivait alors le quotidien.

Contre-vérités sur le mariage homosexuel

A quelques mois de l'adoption du mariage pour tous, Libération n'a d'ailleurs pas été le seul journal à allumer des contrefeux. En janvier 2013, les Décodeurs du Monde dénonçaient les «contre-vérités sur le mariage homosexuel». Pour autant, la démonstration des Décodeurs achoppait déjà sur plusieurs points, parmi lesquels la confusion possible entre «parents» et «ascendants». A l'appui de sa démonstration, Le Monde citait en outre Christiane Taubira, qui affirmait dans un entretien de novembre 2012 : «[Les mots «père» et «mère»] sont maintenus dans le code civil partout où c'était possible. On n'abolit pas le mariage hétérosexuel ! Les livrets de famille ne changeront pas pour les couples hétérosexuels, qui resteront père et mère. Les couples homosexuels pourront être "parent"»

Six ans plus tard, force est de constater, à l'aune de la loi sur «l'école de la confiance», que «père» et «mère» n'ont pas été maintenus, au-delà du Code civil, «partout où c'était possible».

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