Pas encore confirmé, le référendum qu'envisagerait Emmanuel Macron laisse sceptique

Pas encore confirmé, le référendum qu'envisagerait Emmanuel Macron laisse sceptique© LOIC VENANCE Source: AFP
Les Français devront peut-être voter pour plusieurs enjeux le 26 mai prochain (image d'illustration).

Selon le JDD, Emmanuel Macron souhaiterait organiser un référendum sur une, voire plusieurs questions, encore non définies, en même temps que les éléctions européennes. Les responsables politiques désapprouvent largement l'initiative.

Emmanuel Macron a plus d'un tour dans son sac pour sortir vainqueur des élections européennes du 26 mai 2019. En effet, Le Journal du dimanche (JDD) fait savoir le 3 février que le président français «prépare un référendum en secret» qui serait organisé le jour même des élections européennes. Selon une source proche de l'Elysée, interrogée par le journal, «le pourcentage de chances qu'un référendum se tienne le 26 mai est "très élevé"». La question posée aux Français n'est en revanche pas encore définie. D'ailleurs, un QCM (questionnaire à choix multiples) sur les institutions ferait partie des pistes envisagées, ce qui permettrait au président d'accroître ses chances de tirer avantage du résultat, avec pour possibles questions, selon Le JDD : «Doit-on réduire le nombre de parlementaires ?» ; «Faut-il limiter le cumul de mandats dans le temps ?».

En revanche, les questions évoquées ici évacuent celle du pouvoir d'achat soulevée par les Gilets jaunes, en plus de celle des institutions. Mais pour Emmanuel Macron, l'important ne serait-il pas de sauver la face en cas de résultats décevant pour LREM ?

C'est l'analyse qu'a notamment faite la présidente du Rassemblement national (RN) Marine Le Pen. Favorable de manière générale à l'usage du référendum, elle a néanmoins pointé du doigt une «manœuvre» d'Emmanuel Macron pour «détourner l'attention» des élections européennes dans l'hypothèse d'un référendum organisé le même jour.

Un point de vue similaire à celui de l'eurodéputée et conseillère régionale Virginie Rozière, des Radicaux de gauche : «C’était bien la peine de jouer "Macron l’européen" pour maintenant troller les élections européennes avec un référendum», a-t-elle jugé. «Tout ça pour quoi ? Organiser un pseudo-plébiscite ? Justifier une grande consultation pipo ? Masquer un bilan européen médiocre ?», se questionne-t-elle sur Twitter.

Sur les réseaux sociaux, la tête de liste du Parti communiste (PCF) pour les européennes, Ian Brossat, ironise sur «l'art [d'Emmanuel Macron] de se moquer du monde» : «Une bardée de questions institutionnelles et... "rien sur l'ISF", on testera plutôt les Français sur des "réformes visant à faire des économies".»

Emmanuel Macron «prendra un grand risque» s'il décide d'organiser un référendum portant sur des sujets «coupés des préoccupations et des priorités des Français», relève le président des Républicains (LR), Laurent Wauquiez, sur CNews. «Quel est le vrai sujet ? Le sujet de fond, qui est le drame de notre pays... C'est l'absence de valorisation du travail. Le sujet de fond de notre pays, c'est l’appauvrissement des classes moyennes», prolonge-t-il.

Le député LR et président du mouvement Oser la France, Julien Aubert, exprime lui aussi son scepticisme, notamment sur l'idée d'un QCM : «Un pas vers le gaullisme. Mais pour être gaullien, il faudra qu’Emmanuel Macron⁩ engage sa responsabilité sur UNE question précise, au lieu de se dissimuler dans un QCM. Sans confiance du peuple, il ne peut être la solution.»

Pour le député de La France insoumise (LFI) Adrien Quattennens, l'organisation d'un référendum le même jour que les échéances européennes n'est pas forcément utile puisque «les élections européennes seront un référendum contre Macron et sa politique».

Le co-secrétaire général du Mouvement radical social et libéral et adjoint à la mairie de Bourg-en-Bresse, Guillaume Lacroix, juge que cela «reviendrait à noyer le débat européen dans une campagne purement nationale».

Scepticisme jusque dans la majorité

Chez les macronistes aussi, certains expriment leur scepticisme. Invitée du Grand Jury RTL/LCI/Le Figaro, la ministre chargée des Affaires européennes Nathalie Loiseau «souhaite qu'on parle d'Europe le 26 mai» et ne pas tout mélanger pour «semer de la confusion». «Le président de la République n'exclut rien mais n'a pas pris sa décision», a-t-elle en outre tenu à préciser.

Le député de La République en marche (LREM) Matthieu Orphelin n'est pas non plus favorable à l'organisation d'un référendum le jour des européennes : «Il faut de la clarté et ne pas tout mélanger», déclare-t-il sur Twitter

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