Refus d'augmenter leurs tarifs pour les étudiants étrangers : des universités font de la résistance

Refus d'augmenter leurs tarifs pour les étudiants étrangers : des universités font de la résistance© PHILIPPE MERLE Source: AFP
L'université Lyon 2 au bord du Rhône (image d'illustration).

En novembre dernier, le Premier ministre Edouard Philippe avait annoncé une hausse des frais de scolarité pour les étudiants extra-européens à l'université. Aix-Marseille, Clermont-Auvergne, Rennes 2 et Lyon 2 refusent d'appliquer la mesure.

Le 19 novembre Edouard Philippe avait présenté la stratégie baptisée «Bienvenue en France» pour l'enseignement supérieur, avec l'annonce d'une augmentation des frais de scolarité des jeunes extra-européens pour améliorer notamment leurs conditions d'accueil.

Sauf que plusieurs universités ont désormais pris position et décidé de faire fi des intentions gouvernementales, qui envisagent une multiplication par environ 15 des frais scolaires pour les ressortissants non-européens.

Le Figaro rappelle en effet qu'un décret de 2013 permet à chaque université de «décider de l’application ou non de cette mesure», en contournant la loi, exonérant les étudiants de frais dans la limite des 10% des étudiants inscrits. Interrogé par le quotidien le 15 janvier, l'université d'Aix-Marseille a fait savoir que ses «communautés étudiantes et enseignantes se sont fortement émues de cette hausse des frais d’inscription à l’université». En conséquence, elle a voté à l’unanimité des membres du conseil d’administration un texte qui refuse une telle augmentation pour l’année 2019-2020. Interviewé par Le Figaro, le président de l’université Clermont-Auvergne, Mathias Bernard, s'inquiète du procédé : «Nous changerons peut-être d’avis l’an prochain, mais là c’est précipité, on n’a même pas été consultés.»

Même son de cloche au sein de l'université Lyon II. Dans un communiqué du 15 janvier, elle s'engage d'ailleurs «à exonérer les étudiants étrangers des droits d'inscription complémentaires à la rentrée 2019/2020».

«Si l'amélioration de l'accueil des étudiants étrangers est évidemment une nécessité, l'augmentation des droits d'inscription ne paraît ni pertinente, ni juste car elle concerne des étudiants parmi les plus fragiles et bat en brèche le principe d'égalité de traitement entre usagers du service public de l'enseignement supérieur et de la recherche», argumente l'université lyonnaise.

Dans plusieurs messages sur Twitter, l'université de Rennes 2, par la voix de son président, précise pour sa part qu'«en l’absence d’une véritable concertation ministérielle avec l’ensemble de la communauté universitaire et faute d’une information stabilisée, la direction considère que la mise en œuvre des frais différenciés dans le cadre du dispositif "Bienvenue en France" n’est pas souhaitable».

Actuellement, les étudiants extra-communautaires (une centaine de milliers) dans n'importe quelle université paient les mêmes taxes que les étudiants français, soit 170 euros pour une année de formation en licence, 243 euros en master et 380 euros en doctorat. 

A partir de la rentrée 2019, ils devront, selon le gouvernement, payer 2 770 euros en licence et 3 770 euros en master et doctorat.

Lire aussi : Inquiétude autour de la hausse des frais d'inscription pour les étudiants étrangers

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