SMIC, CSG : quand Macron contredit ses ministres Pénicaud et Le Maire

SMIC, CSG : quand Macron contredit ses ministres Pénicaud et Le Maire© ERIC PIERMONT Source: AFP / ALAIN JOCARD Source: AFP
Bruno Le Maire et Muriel Pénicaud
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Pour apaiser les Gilets jaunes, Emmanuel Macron a annoncé une hausse du Smic et l'annulation de la CSG pour les retraités touchant moins de 2 000 euros. Soit l'inverse de ce qu'avaient dit ses ministres 24 heures plus tôt.

Cacophonie au plus haut de l'exécutif ? Ce 10 décembre, Emmanuel Macron a assuré devant les Français que la hausse de la CSG était annulée en 2019 pour les retraités touchant moins de 2 000 euros par mois, parmi d'autres annonces visant à calmer la colère des Gilets jaunes, qui manifestent depuis plusieurs semaines en France.

Le même jour pourtant, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire avait assuré sur RTL que le gouvernement ne toucherait pas à la CSG des retraités. Et d'ajouter à un internaute qui l'interpellait à ce sujet : «Vous allez être déçu.» C'est donc finalement Bruno Le Maire qui aura eu la déception de constater que le chef de l'Etat le contredisait dans son adresse à la nation.

Le même 10 décembre au soir, Emmanuel Macron a annoncé que le salaire d'un travailleur au Smic augmenterait de 100 euros bruts par mois dès 2019.

Là encore, la parole présidentielle semble contredire celle d'un membre du gouvernement, à savoir celle de Muriel Pénicaud, ministre du Travail, qui assurait la veille sur l'antenne de LCI qu'il n'y aurait pas de «coup au pouce» au Smic, affirmant que cela «détrui[rait] des emplois».

Une cacophonie qui rappelle les divergences sur l'ISF

Il ne s'agit pas du premier cas de confusion au sein du gouvernement. Le 5 décembre, Emmanuel Macron avait vertement recadré Benjamin Griveaux et Marlène Schiappa qui avaient laissé la porte ouverte à l'hypothèse de réintroduire l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF). «Nous ne détricoterons rien de ce qui a été fait depuis 18 mois», avait déclaré Emmanuel Macron, selon Les Echos

Cela contredisait le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, qui avait ouvert la porte à une réintroduction de l'ISF, remplacé par un impôt sur la fortune immobilière (IFI). «Si l'évaluation n'est pas la bonne, le sujet pourra être rouvert. Si une mesure qu'on a prise, qui coûte de l'argent public [...] ne fonctionne pas, si quelque chose ne marche pas, on n'est pas idiots, on va le changer », avait-il indiqué sur RTL.

Le 4 décembre sur France 3, la secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa s'était prononcée, à titre personnel, pour une évaluation de la transformation de l'ISF en IFI. Réagissant aux propos de Benjamin Griveaux, Marlène Schiappa s'est félicitée de voir, selon elle, le gouvernement s'aligner sur sa proposition... «Si l’évaluation de la transformation de l’ISF ne prouve pas que des capitaux ont été suffisamment réinjectés dans l’économie, le gouvernement le rétablira !», a-t-elle salué.

Lors de son allocution le 10 décembre, Emmanuel Macron a confirmé que l'ISF ne serait pas réintroduit.

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