«Rentrer» dans l'Elysée : le Gilet jaune Eric Drouet visé par une enquête

«Rentrer» dans l'Elysée : le Gilet jaune Eric Drouet visé par une enquête© Jacques Demarthon Source: AFP
Le Gilet jaune Eric Drouet.

Pour avoir estimé que l'un des buts de la mobilisation des Gilets jaunes le 8 décembre était de pénétrer dans l'Elysée, l'un de leurs visages médiatiques, Eric Drouet, est visé par une plainte, comme l'a annoncé le parquet de Paris.

Le parquet de Paris a annoncé qu'Eric Drouet, l'une des figures médiatiques de la mobilisation des Gilets jaunes et initiateur du blocage du 17 novembre, était visé par une enquête pour «provocation à la commission d'un crime ou d'un délit» et «organisation d'une manifestation illicite». Il avait estimé, sur le plateau de BFM TV le 5 décembre, qu'un des objectifs de la mobilisation du 8 décembre était de pénétrer dans l'Elysée. 

«Samedi, ce sera l’aboutissement final. Samedi, c’est l’Elysée. On aimerait bien aller tous à l’Elysée. Il faudra vraiment que samedi on soit tous unis jusqu’au bout et qu’on avance en direction de l’Elysée», avait écrit l'individu sur son compte Facebook, cité par l'animateur Bruce Toussaint. Interrogé par le présentateur, le Gilet jaune avait maintenu sa détermination à marcher vers le palais présidentiel et... à y pénétrer.

«Ça ressemble à quoi ? A un putsch ce que vous voulez faire ?», lui avait demandé Bruce Toussaint. «Non. Mais tous les gens veulent aller là-haut», s'était défendu Eric Drouet, car c'est «le symbole de ce gouvernement». «Vous arrivez devant l'Elysée, et vous faites quoi ?», avait renchéri le journaliste. «On rentre dedans», avait alors donné pour réponse le Gilet jaune chauffeur routier.

La manifestation prévue ce 8 décembre, «acte 4» du mouvement, est redoutée par les pouvoirs publics. Le gouvernement ne semble en effet pas convaincu que ses annonces, notamment l'abandon des hausses des taxes sur les carburants pour l'année 2019, suffiront à convaincre les Gilets jaunes de mettre fin à leur mobilisation, et à dissuader leurs éléments les plus radicaux d'avoir recours à la violence.

Une plainte contre Nicolas Dupont-Aignan

Le même jour, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner avait annoncé qu'une plainte était déposée à l'encontre de Nicolas Dupont-Aignan. «J'ai décidé de porter plainte à l'intention de monsieur Dupont-Aignan qui s'envergogne [sic] à dire à l'Assemblée nationale que ce sont "les petits casseurs de monsieur Castaner qui ont saccagé l'Arc de triomphe"», avait-il annoncé, avant d'ajouter : «On verra si ce monsieur osera nous opposer son statut de parlementaire. Il ajouterait alors la honte à l’indignité.»

Le 4 décembre dernier, le député de l'Essonne et président du parti Debout la France Nicolas Dupont-Aignan avait en effet appelé les Gilets jaunes à «continuer la pression pacifique» sur le gouvernement, avant d'ajouter : «Ce sont les Gilets jaunes qui ont protégé la tombe du Soldat inconnu, et cette photo là, vous ne l'avez pas montrée. [...] Ce sont les petits casseurs de monsieur Castaner [qui ont saccagé l'Arc de Triomphe].»

A quelques heures du début du quatrième acte de la mobilisation des Gilets jaunes, le gouvernement redoute qu'il ne donne lieu à de nouvelles scène de violences dans la capitale : un très lourd dispositif de sécurité a ainsi été mis en place pour le 8 décembre. Christophe Castaner a martelé que la présence d'individus «radicalisés» parmi les manifestants était prise au sérieux par son ministère. «Tout laisse à penser que des éléments radicaux vont tenter de se mobiliser», a-t-il dénoncé, ajoutant : «Ces trois dernières semaines [de mobilisation] ont fait naître un monstre qui a échappé à ses géniteurs.»

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