Gilets jaunes : Castaner annonce une plainte contre Nicolas Dupont-Aignan

Gilets jaunes : Castaner annonce une plainte contre Nicolas Dupont-Aignan © Ludovic Marin Source: AFP
Christophe Castaner le 5 décembre 2018 à Paris.

Au cours d'une conférence de presse qu'il donnait ce 7 décembre, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a annoncé qu'une plainte avait été déposée à l'encontre de Nicolas Dupont-Aignan, leader de Debout la France.

«J'ai décidé de porter plainte à l'intention de monsieur Dupont-Aignan qui s'envergogne [sic] à dire à l'Assemblée nationale que ce sont "les petits casseurs de monsieur Castaner qui ont saccagé l'Arc de triomphe"», a déclaré Christophe Castaner, le ministre de l'Intérieur, lors d'une conférence de presse ce 7 décembre.

«On verra si ce monsieur osera nous opposer son statut de parlementaire. Il ajouterait alors la honte à l’indignité», a en outre précisé Christophe Castaner.

Ces trois dernières semaines [de mobilisation] ont fait naître un monstre qui a échappé à ses géniteurs

Le 4 décembre dernier, le député de l'Essonne et président du parti Debout la France Nicolas Dupont-Aignan avait en effet appelé les Gilets jaunes à «continuer la pression pacifique» sur le gouvernement, avant d'ajouter : «Ce sont les Gilets jaunes qui ont protégé la tombe du Soldat inconnu, et cette photo là, vous ne l'avez pas montrée. [...] Ce sont les petits casseurs de monsieur Castaner [qui ont saccagé l'Arc de Triomphe.»

«10 000 personnes, ce n'est pas le peuple, ce n'est pas la France»

A la veille de l'«acte 4» de la mobilisation des Gilets jaunes, dont le gouvernement redoute qu'il ne donne lieu à de nouvelles scène de violences dans la capitale, un très lourd dispositif de sécurité a été mis en place pour le 8 décembre. Christophe Castaner a martelé que la présence d'individus «radicalisés» parmi les manifestants était prise au sérieux par son ministère. «Tout laisse à penser que des éléments radicaux vont tenter de se mobiliser», a-t-il dénoncé, ajoutant : «Ces trois dernières semaines [de mobilisation] ont fait naître un monstre qui a échappé à ses géniteurs».

Le ministre de l'Intérieur a ainsi confirmé qu’un «dispositif de grande envergure» serait mis en place dans tout le pays. 89 000 membres des forces de l’ordre ont été mobilisés, dont 8 000 à Paris, où des véhicules blindés de la gendarmerie seront aussi déployés.

«Je ne dévoilerai pas d’avantage le dispositif qui va être mis en place», a-t-il néanmoins déclaré, tout en conseillant aux journalistes à ne pas «renseigner les casseurs».

Il a également estimé que les Gilets jaunes avaient «franchi les limites de la légalité Républicaine», en prenant pour exemple les dégradations d’une préfecture, de l’arc de Triomphe ou les «agressions envers les journalistes» ou les députés LREM. Il en outre pointé du doigt une «haine nourrie par les complotistes de tout poil». «Il faut distinguer l'expression pacifique de cette colère et les violences inacceptables qui se sont multipliées ces trois dernières semaines. Il est loin le 17 novembre [...] où des gens ont occupé des ronds-points sans hargne, sans intention belliqueuse», a poursuivi l'ancien délégué général de La République en marche.

Concernant les chiffres de la contestation, qui dure depuis plus de trois semaines, Christophe Castaner a estimé que le nombre de personnes mobilisées avaient drastiquement diminué, expliquant qu l'on était passé de plus de 250 000 manifestants, selon le ministère de l'Intérieur, à environ 10 000 personnes dans toute la France le 1er décembre. «10 000 personnes, ce n'est pas le peuple, ce n'est pas la France», a affirmé le premier flic de France.

Christophe Castaner a enfin défendu les forces de l'ordre qui ont procédé à des interpellations dans un lycée de Mantes-la-Jolie en faisant s'agenouiller de nombreux élèves. Ils faisaient face à de «véritables violences urbaines», a-t-il défendu. Ces images «sont dures [...] mais je crois qu'il faut les replacer dans un contexte», a détaillé le locataire de la place Beauvau, assurant notamment que des dizaines de bouteilles de gaz avaient été jetées «robinet ouvert sur des barricades enflammées» juste avant ces interpellations qui ont créé la polémique.

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