«Trace de sang» sur le mur et témoignages : les forces de l'ordre passent à tabac un homme (VIDEO)

«Trace de sang» sur le mur et témoignages : les forces de l'ordre passent à tabac un homme (VIDEO)© Twitter : @JeanHugon3
Capture d'écran d'une vidéo diffusée le 2 décembre 2018.

Devenue virale sur les réseaux sociaux, une vidéo montrant un homme être passé à tabac par plusieurs membres des forces de l'ordre, lors du troisième acte de la mobilisation des gilets jaunes, a attiré l'attention de la plateforme «CheckNews».

Le 1er décembre, à quelques pas de l'Arc de Triomphe, dans une rue adjacente à l'avenue des Champs-Elysées, s'est déroulée la scène choquante d'un homme se faisant passer à tabac par plusieurs agents des forces de l'ordre.

C'est ce qu'explique Libération sur sa plateforme de vérification de faits, CheckNews, après avoir analysé la ladite vidéo, devenue virale sur les réseaux sociaux.

Dans un premier temps, la scène filmée montre un homme s'efforçant de fuir, en vain, pendant que plusieurs membres des forces de l'ordre essayent de l'immobiliser. Alors qu'ils parviennent à le coincer au sol, au niveau des rideaux de sécurité d'une boutique de la rue de Berri, les agents du maintien de l'ordre lui assènent plusieurs coups au corps, et pendant que certains policiers se positionnent à l'écart, d'autres maintiennent la charge sur l'individu à terre, multipliant les coups de pied et de matraque télescopique.

CheckNews, qui explique s'être rendu sur place, affirme également qu'un des coups portés au visage de l'homme pourrait être à l'origine de «la marque de sang encore visible sur le mur».

La plateforme de vérification des faits de Libération a par ailleurs rapporté les témoignages de riverains. La gardienne de l’immeuble en face confirme par exemple que «l’interpellation [a été] très violente [...] C’était la fin d’une journée de violences. Les casseurs venaient de tout piller. Les policiers ont dû avoir envie de se défouler». Une autre habitante de la rue a quant à elle expliqué que des membres des forces de l'ordre «[étaient] arrivés [alors que] des casseurs étaient venus piller le Monoprix [...] Il y a eu une bousculade. Un jeune homme s’est relevé. Il s’est mis à courir et a été rattrapé par deux policiers.»

Le jeune homme hospitalisé

Selon le journal Le Monde, un jeune homme, Mehdi K., 21 ans, qui a été hospitalisé à l'hôpital de La Pitié-Salpêtrière a affirmé être l'homme pris à partie dans la vidéo. «Je ne faisais que filmer ce qu'il se passait», a-t-il expliqué au quotidien, ajoutant s'être mis à courir à l'approche des policiers. La préfecture de police de Paris n'a pas commenté les images.

Pourtant, selon une publication ultérieure de Checknews, «de nombreux éléments laissent penser que ce n'est pas [Mehdi K] que l'on voit sur la vidéo». En effet, l'étude de vidéos tournées sous d'autres angles par la plateforme de Libération permettrait de déterminer que l'individu roué de coup ne correspond pas aux caractéristiques physiques de Mehdi K. Plusieurs témoignages recueillis sur place par Checknews accréditeraient également cette thèse. Interrogé, Mehdi K. a livré à la plateforme de Libération une version de son agression qui ne colle pas non plus avec le déroulé des événements. Il a d'ailleurs concédé ne pas se reconnaître sur la vidéo tournée d'un autre point de vue et obtenue par Checknews.

1er décembre : des groupes minoritaires à l'origine des pillages

La troisième journée de mobilisation d'ampleur des Gilets jaunes, le 1er décembre a vu se dérouler d'intenses scènes de violences aux abords de la dite «plus belle avenue du monde». Véhicules et restaurants incendiés, magasins saccagés et pillés, forces de l'ordre prises à partie. Contrairement à la détermination pacifique d'une majorité de Gilets jaunes, à qui RT France a donné la parole toute la journée, certains participants avaient prévu d'autres méthodes d'action pour marquer le coup. D'autres encore ont carrément tiré parti des événements pour dévaliser des magasins.

Aussi, l'incapacité du gouvernement à contenir les débordements des deux dernières mobilisations a suscité un profond sentiment de frustration parmi les Gilets jaunes venus s'exprimer pacifiquement. De fait, au cœur de la manifestation, RT France a pu interroger de nombreux citoyens venus protester dans le calme et déplorant le parasitage de leur mobilisation par ces éclats de violence. A l'image de Sylvie, 54 ans, ancienne professeur de philosophie, qui notait, marquée par les scènes de violences : «C'est du délire qu'il y ait autant de CRS et qu'on ait pas pu les éliminer ces cons-là !»

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