La mère du fonctionnaire du Sénat accusé d'espionnage : «Il n'a aucun accès aux dossiers sensibles»

La mère du fonctionnaire du Sénat accusé d'espionnage : «Il n'a aucun accès aux dossiers sensibles»© AFP Source: AFP
Benoit Quennedey en novembre 2017.

La mère de Benoît Quennedey, haut fonctionnaire du Sénat arrêté par le renseignement pour «livraison d'informations à une puissance étrangère», estime inimaginable que son fils ait pu livrer des secrets à la Corée du Nord.

Brigitte Quennedey, la mère de Benoît Quennedey, haut fonctionnaire interrogé par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) le 25 novembre au soir, est aussi inquiète qu'ulcérée. Elle a appris que son fils était en garde à vue dans les locaux du renseignement à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), mais n'a aucune nouvelle, et ne peut même pas lui apporter d'affaires. «On est tous sens dessus dessous. Est-ce que ces gens-là se rendent compte du mal qu’ils nous font ? Pour moi, Benoît est un bouc émissaire !», s'insurge-t-elle.

Il est au service jardins ! Il va construire un self pour le Sénat !

Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour «recueil et livraison d'informations à une puissance étrangère, susceptibles de porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation». Selon plusieurs médias, les services de renseignement soupçonneraient le haut fonctionnaire, affecté au service de l’architecture et des jardins au Sénat, d'espionnage au profit de la Corée du Nord. Ils l'interrogeraient sur d'éventuelles informations confidentielles qu'il aurait pu fournir à Pyongyang. Benoît Quennedey serait dans le viseur des services secrets depuis un an, soupçonné de faire du lobbying auprès d'élus en faveur de Pyongyang et de transmettre des «informations liées à l'actualité du Sénat» à la Corée du Nord, selon France Info. Une enquête aurait été ouverte en mars.

«Les investigations en cours visent à établir s'il a franchi la ligne ou s'il s'agit seulement d'une admiration pour le régime non susceptible d'être sanctionnée», aurait expliqué à L'Express une source proche de l'enquête.

Il n'a rien à voir avec les secrets défense : quels documents aurait-il pu communiquer ?

Pour Brigitte Quennedey, ces soupçons relèvent de l'absurdité. «Benoît n’a aucun rapport avec les dossiers sensibles, il n’a rien à voir avec le nucléaire, les transports, l’armement, l'armée... Enfin ! Il est au service jardins ! Il va construire un self pour le Sénat !», s'emporte-t-elle. «Benoît a un travail administratif, il suit des dossiers d'appels d’offres, il a très peu de rapports avec les sénateurs, il n'a rien à voir avec les secrets défense : quels documents aurait-il pu communiquer ? Ce n’est même pas imaginable !», martèle-t-elle.

Son fils a été interpellé alors qu'il rentrait de Dijon à Paris, après avoir passé le week-end en famille. Ses bureaux du Sénat ont été perquisitionnés ainsi que le domicile de ses parents, fouillé par deux policiers de Dijon le 26 novembre au matin.

Pour moi, Benoît est un bouc émissaire !

Outre ses fonctions administratives au Sénat, l'énarque Benoît Quennedey est aussi ancien secrétaire national du Parti radical de gauche (PRG) et adhérent aux Radicaux de gauche. Mais une activité en particulier a suscité la suspicion des services du contre-espionnage : ses liens avec la Corée du Nord. Ayant voyagé à de nombreuses reprises dans la péninsule coréenne, il a publié le livre La Corée du Nord, cette inconnue, publié aux éditions Delga, ainsi qu'un essai intitulé L'Economie de la Corée du Nord. Naissance d'un nouveau dragon asiatique ? aux éditions Les Indes Savantes. Il est régulièrement invité sur les plateaux de télévision pour aborder le sujet des Corées, par exemple chez France 24 ou RT France. Il est depuis deux ans à la tête de l’Association d’amitié franco-coréenne (AAFC), dont il est membre depuis 2005. L'association a été créée pour encourager la réunification de la Corée et normaliser les relations diplomatiques entre Paris et Pyongyang. Benoît Quennedey déclarait en 2012 : «Nous voulons changer l’image de la Corée du Nord.»

«Cette association a une vocation touristique, culturelle, à laquelle Benoît Quennedey s’est toujours tenu», a affirmé Aymeric Monville, son éditeur, au Parisien

Brigitte Quennedey abonde dans ce sens. «Il est président de cette association mais se rend en Corée du Nord pour des événements tels que des cérémonies, il n'a même pas de rapports avec l’ambassadeur et il s'y rend en groupe, avec d'autres Français. L'organisation est très codifiée, il ne s'entretient avec personne, et repart quand les festivités sont terminées», explique-t-elle. «Qu’il ait des affinités avec la Corée, c'est évident. Mais il connaît son droit de réserve vis-à-vis des institutions françaises, c'est une personne de confiance. Je ne vois pas pourquoi on lui cherche des poux», se révolte-t-elle.

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