Affaibli dans les sondages, Gérard Collomb ne veut pas de l'étiquette LREM aux municipales à Lyon

Affaibli dans les sondages, Gérard Collomb ne veut pas de l'étiquette LREM aux municipales à Lyon© STEPHANE DE SAKUTIN Source: AFP
Gérard Collomb lors de sa passation de pouvoir, remplacé par Edouard Philippe.

Gérard Collomb semble vouloir définitivement prendre ses distances avec la macronie. Pour les prochaines muncipales à Lyon, il a déclaré ne pas vouloir se présenter sous la bannière LREM. L'édile doit aussi faire face à de mauvais sondages...

Les macronistes oseront-ils placer un candidat marcheur en face de Gérard Collomb pour les municipales lyonnaises de 2020 ? L'hypothèse est peu vraisemblable malgré le départ précipité de Gérard Collomb du ministère de l'Intérieur après l'affaire Benalla et les critiques sur le manque d'humilité du pouvoir. Toutefois, lors d'une interview accordée à LCI le 4 octobre, Gérard Collomb a annoncé qu'il ne se présenterait pas sous l'étiquette de La République en marche (LREM) pour les élections locales. «Ça n'a pas de sens de rassembler seulement sur un parti»,a-t-il expliqué.

Un nouvel acte fort qui pourrait être considéré comme un affront pour les marcheurs et un défi de plus à affronter pour l'ancien maire de Lyon qui doit également faire face à un niveau bas d'intentions de vote au premier tour de l'élection municipale révélé au cours d'un sondage effectué par l'Ifop-Fiducial pour Lyon Capitale... Si Gérard Collomb arrive en tête avec 31% des voix, il est menacé par la gauche qui, même en ordre dispersé, réunit 40% des voix, écologistes (16%), insoumis (14%) et socialistes (10%) inclus. Suivent une droite en berne à 18% et le Rassemblement national à 11%.

A Paris, place Beauvau, c'est la sidération qui domine. Un commissaire du ministère cité par Mariannesouffle : «De mémoire de flic, on n'a jamais vu ça ici» et un policier de déplorer : «Collomb est parti sans même nous dire au revoir». La police nationale, en pleine période de campagne syndicale pour des élections prévues à la fin de l'année, n'en revient pas de la zizanie qui s'est installée et un syndicaliste confie à l'hebdomadaire : «Les bras nous en tombent. En plus, cela s'est fait en pleine mise en place de la police de sécurité du quotidien, et à deux mois d'élections professionnelles qui s'annoncent tendues.» 

Un autre fait part de son désarroi et avoue ne plus comprendre à quel drôle de jeu s'est livré son ministre avec sa démission : «C'est au-delà d'incompréhensible. Après l'interview de L'Express, le 18 septembre, dans laquelle Gérard Collomb annonçait son intention de quitter le ministère après les européennes, il y a eu un flottement, mais le ministre a appelé en personne tous les délégués syndicaux pour les rassurer.»

L'affaire Benalla a-t-elle ébranlé le premier flic de France ?

L'ancien ministre de l'Intérieur et candidat à la mairie de la capitale des Gaules a-t-il eu la tête qui tourne après l'affaire Benalla, qui l'a conduit à témoigner sous serment devant la commission d'enquête parlementaire ? Ou bien a-t-il simplement mal digéré le grand écart qui lui a été imposé, pris entre le marteau des syndicats de police et l'enclume de l'Elysée, lorsque les forces de l'ordre ont dit tout leur ras-le-bol de voir des proches du pouvoir privilégiés tandis que les simples flics étaient traités sans ménagement ? 

En tout état de cause, après les démissions fracassantes de Nicolas Hulot et de Laura Flessel, celle de ce ministre de premier plan à un poste clé ne pourra que nuire davantage au navire gouvernemental dont le capitaine Philippe doit trouver le gouvernail bien taquin.

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