Chasse à l’homme virtuelle après un viol collectif à Toulouse diffusé sur les réseaux sociaux

Chasse à l’homme virtuelle après un viol collectif à Toulouse diffusé sur les réseaux sociaux© Capture d'écran @Google Maps
Vue du parking de la discothèque Carpe Diem à Balma près de Toulouse

Les réseaux sociaux se déchaînent pour retrouver les agresseurs d’une jeune femme de 19 ans le 16 septembre sur le parking d'une discothèque près de Toulouse, après la diffusion massive de la vidéo du viol sur Snapchat et Twitter.

Une sordide affaire de viol en réunion d’une jeune fille, dont la vidéo avait été partagée sur Snapchat et Twitter, vire à la chasse à l’homme sur les réseaux sociaux. Des photos de personnes accusées d’être coupables sont actuellement publiées en masse sur les réseaux sociaux.

Le parquet de Toulouse a ouvert une information judiciaire le 19 septembre pour viol en réunion et enregistrement et diffusion des images sur les réseaux sociaux, dans cette affaire d’agression survenue sur le parking de la discothèque «le Carpe diem» le 16 septembre, dans l'est de l’agglomération toulousaine. Les personnes qui ont tourné les images du viol collectif encourent de lourdes peines de prison pour complicité et celles qui les ont diffusées, jusqu'à cinq ans d'emprisonnement, selon le code pénal.  

Au cours de cette curée sont apparues des images d’un candidat de télé-réalité, dont la victime présumée a démenti l'implication. La jeune fille a tourné en compagnie de cet homme une vidéo dans laquelle elle explique avoir subi ce viol et recommande de ne pas «faire d'amalgame» et «confondre les gens». Le candidat de télé-réalité, qui a posté cette séquence sur son compte Instagram le 18 septembre, affirme quant à lui avoir porté plainte pour diffamation. Pendant ce temps là, les agresseurs courent toujours.

Mais la victime présumée de cette tournante a admis avoir reconnu trois de ses agresseurs sur une photo de groupe en circulation, dans une interview accordée à un média local, la webradio Capitole.

Les vidéos virales d'un viol cauchemardesque

Le site de la webradio Capitole, qui a réalisé l'interview de la victime présumée, a décrit des vidéos d’une grande violence. Selon le média local, on y voit quatre hommes entre 20 et 30 ans se relayer pour violer la victime visiblement alcoolisée sur un parking. Au début du document, la jeune fille crie, visiblement pour échapper à ses agresseurs. Elle y apparaît le postérieur nu et se fait tirer par les cheveux. Un des violeurs déclare «lui régler son compte», un autre lance à ses complices : «Eh les gars, les gars, chacun son tour.»Un autre tente de lui faire exécuter une fellation. Dans un extrait audio diffusé par la radio, on peut entendre : «Arrête de filmer, c’est un viol, c’est un viol», démontrant ainsi que les hommes étaient conscients de commettre un crime caractérisé. 

 Arrête de filmer, c’est un viol

Ces vidéos du viol qui tournaient sur les réseaux sociaux depuis le 16 septembre ont été signalées à Pharos, la plateforme spécialisée de la police créée pour signaler des contenus suspects ou illicites circulant sur internet. La police a bloqué ces images partagées sur le réseau social Snapchat et a demandé aux internautes de cesser de les relayer.

Le témoignage de la victime présumée

Dans l’interview réalisée par la webradio Capitale, Manon, une jeune femme qui affirme être la victime, explique ne pas avoir été dans son état normal ce soir là. Alors qu'elle ne boit pas d’alcool, elle dit avoir des difficultés à se souvenir des détails de cette soirée. Elle estime donc avoir pu être droguée à son insu.

Chasse à l’homme virtuelle après un viol collectif à Toulouse diffusé sur les réseaux sociaux
Capture d'écran de la vidéo du viol massivement diffusée sur les réseaux sociaux d'une jeune femme sur le parking d'une discothèque de Toulouse.

Pour la jeune fille, la diffusion de la vidéo, violente et dégradante, est ravageuse : «Ça m’est arrivé, c’est une chose, c’est indéniable, le mal qu’ils m’ont fait, la façon dont ils m’ont détruite, la façon dont il m’ont humiliée, rien qui pourra changer. Mais la vidéo, c’est une vidéo qui va tourner. C’est une vidéo où on voit mon corps, c’est une vidéo où on me voit me faire humilier, où on me voit en train de me faire salir.»

C’est une vidéo où on me voit me faire humilier, où on me voit en train de me faire salir

Ce fait divers est caractéristique de l’ère de la mise en scène permanente sur les réseaux sociaux où même les agressions sont fièrement partagées sur Snapchat, un réseau de vidéos éphémères. Mais ces vidéos, tournées par les auteurs pour illustrer ce qu’ils considèrent être des prouesses, finissent par constituer une preuve du viol. Les jeunes filles, accablées par la diffusion de ces images, peuvent toutefois y avoir recours pour prouver de manière indiscutable les faits de viol que les avocats de la défense tentent souvent de réfuter.

Dans d’autres affaires tristement célèbres comme la tournante survenue en 2016 aux fêtes de Pampelune en Espagne, la vidéo a permis de faire foi du crime. Manon a d’ailleurs dans un premier temps refusé d’aller porter plainte, craignant de ne pas être crue. «Ma mère a voulu que j’aille au commissariat, au départ c’est moi qui n’ai pas voulu, je pensais qu’il n’y avait aucune preuve», a-t-elle déclaré.

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