Pourquoi Daniel Schneidermann a-t-il supprimé un tweet humoristique accusé de transphobie ?

Pourquoi Daniel Schneidermann a-t-il supprimé un tweet humoristique accusé de transphobie ?© MARTIN BUREAU / AFP
Daniel Schneidermann sans la barbe, en 2003

Auteur d’une blague au succès fracassant qui lui a valu des accusations de transphobie, le journaliste a effacé sa publication, qui faisait référence à une séquence virale de son émission, où intervenait un individu se présentant comme «non-binaire».

De qui Daniel Schneidermann a-t-il eu peur, lorsqu'il a supprimé son tweet humoristique du 25 août ? Apparemment pas de la poignée de militants LGBT qui l'ont assaisonné sur Twitter après une «bonne vanne», selon ses termes, que ces derniers jugeaient transphobe. Dans un article de justification publié le 27 août sur le site d'Arrêt sur images, le journaliste raconte avoir vécu l’engouement d’un afflux inhabituel d'internautes, comme un «malentendu».

Pourquoi Daniel Schneidermann a-t-il supprimé un tweet humoristique accusé de transphobie ?© capture d'écran Twitter @d_schneidermann
Le tweet effacé par Daniel Schneidermann

Tout a commencé lorsque le journaliste a vu une photo de lui, affublé d’une inédite barbe naissante, commentée sur Twitter par un primesautier «sexy, la barbe». Le 25 août, il avait répliqué du tac au tac : «Qui vous dit que c’est une barbe ?» Ce mot d’esprit faisait référence à la réplique devenue virale de l’un de ses invités du 29 juin 2018, Arnaud Gauthier-Fawas, administrateur de l’Inter-LGBT : «Je ne sais pas ce qui vous fait dire que je suis un homme, je ne suis pas un homme.»

Cette saillie surprenante du militant se définissant comme «non-binaire» avait valu des parodies, mèmes et blagues en cascade sur internet... Daniel Schneidermann en personne a donc fini par céder à la tentation.

Auteur: En Cause

Je ne me moque de personne d'autre que de ma propre prise à contrepied

Ecartant d’un revers de main les accusations de certains militants LGBT, Daniel Schneidermann écrit dans son billet du 27 août : «Mes intentions sont pures et exemptes de transphobie. Il me suffit de le savoir.» Le journaliste ne se «moque de personne d'autre que de [sa] propre prise à contrepied, à cet instant-là, sur le plateau». Le journaliste trouve-t-il le surnom de «best troll ever» donné à cette occasion trop lourd à porter ? Il se défend en tout cas de toute intention ironique envers son invité.

Développant ensuite son raisonnement, Daniel Schneidermann explique : «Pour que cette petite vanne de rien du tout ait déclenché tant de réactions, il faut bien que certains lecteurs (pas tous, hein) y aient lu ce que je n'avais pas souhaité y mettre.» Il déclare que la popularité de son tweet signifie qu'il y a «forcément malentendu quelque part», dont il dit ne connaître «ni la nature, ni l'ampleur». «Et sans certitude sur la nature du malentendu, je préfère, puisque mon réseau addictif préféré m'y autorise, supprimer la source de ce malentendu», justifie-t-il.

Daniel Schneidermann semble avoir fait sienne la réflexion de Pierre Desproges : «Je crois qu’on a le droit de rire de tout. Mais rire avec tout le monde, ça, peut-être pas.» Mais qui lui dit que ces internautes ont vraiment lu ce qu’il n’avait pas souhaité y mettre ?

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