Parcoursup : l'Etat paiera les étudiants prêts à accepter une autre université loin de chez eux

Parcoursup : l'Etat paiera les étudiants prêts à accepter une autre université loin de chez eux© Benoit Tessier Source: Reuters
Au plus fort de la contestation étudiante contre les réformes en matière éducationnelle, avril 2018 à Paris, illustration

200 à 1 000 euros pour traverser la France et s'inscrire dans une autre université que celle initialement choisie, faute d'acceptation ailleurs : le gouvernement entend visiblement faire baisser le nombre d'étudiants sans affectation sur Parcoursup.

Le 9 août, le ministère de l'Enseignement supérieur devait admettre que 66 000 jeunes Français attendaient toujours une place sur la plateforme Parcoursup mise en place par le gouvernement... Selon ces chiffres, de guerre lasse, près de 50 000 étudiants ne souhaitent plus s'inscrire via cette plateforme.

Qu'à cela ne tienne, le gouvernement a annoncé une nouvelle trouvaille permettant de débloquer cette fâcheuse situation alors que la rentrée universitaire approche à grand pas et que les débats autour de la nouvelle plateforme font rage : une aide financière à la réinstallation en contrepartie d'une inscription dans une autre université que celle qui avait été choisie initialement. Celle-ci sera destinée aux étudiants qui se sont vu refuser tous leurs vœux en phase principale et en phase complémentaire sur Parcoursup.

Le magazine Le Point présente cette nouvelle initiative comme un «coup de pouce» et précise : «L'État va rétribuer ceux qui sont prêts à faire des kilomètres pour poursuivre leurs études, grâce à la mise en place d'une aide à la mobilité.»

A la clef, entre 200 et 1 000 euros de financement pour les étudiants qui consentiraient à ce sacrifice après l'obtention de leur baccalauréat ou qui, en pleine réorientation, n'auraient pas obtenu d'affectation et se verraient donc cordialement invités à accepter cette mobilité géographique en dernier recours.

Un nouveau parcours du combattant administratif

Ces dossiers étant gérés au niveau national, par le Cnous et non le Crous, les étudiants mobiles verront le montant de cette «aide» varier «en fonction des allocations spécifiques du Crous et des besoins des étudiants», selon le journal Ouest-France. L'assistance sociale se penchera sur le dossier de chaque étudiant et la somme versée sera évaluée «en fonction de la situation familiale et du coût de la mobilité de l'étudiant», selon la présidente du Cnous interrogée par Ouest-France.

Toutefois, elle précise également que l'étudiant qui accepterait ce mode de sélection universitaire devrait passer par plusieurs étapes avant de pouvoir bénéficier de l'aide... Un parcours du combattant administratif commencera alors : l'assistance sociale fera une proposition à une commission d'attribution qui se chargera de la valider. L'aide sera alors acceptée, mais pas versée, car elle ne sera véritablement accordée à l'étudiant qu'au moment de l'inscription universitaire.

Reste à savoir combien de jeunes en manque d'affectation seront séduits par cette proposition dont l'annonce a eu lieu en pleines vacances universitaires et scolaires.

Lire aussi : Parcoursup : 17 000 jeunes toujours sans affectation dans l'enseignement supérieur

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