Le numéro deux de l'Elysée visé par de nouvelles accusations de conflit d'intérêts

- Avec AFP

Le numéro deux de l'Elysée visé par de nouvelles accusations de conflit d'intérêts© FRANCOIS GUILLOT Source: AFP
Alexis Kohler lors de la Commission d'enquête du Sénat le 26 juillet 2018 (Image d'illustration).
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Après Alexandre Benalla, c'est au tour d'Alexis Kohler d'être pris par la patrouille. Le secrétaire général de l'Elysée a approuvé des contrats entre l'armateur MSC et le port du Havre, alors qu'il en était membre du conseil de surveillance.

L'actuel secrétaire général de l'Elysée Alexis Kohler a approuvé en 2010 et 2011 des contrats entre l'armateur MSC, fondé et dirigé par des cousins de sa mère, et le port du Havre, dont il était alors membre du conseil de surveillance, selon des documents révélés par Mediapart.

Le site d'information avait déjà accusé Alexis Kohler de conflit d'intérêts au motif qu'il avait siégé à partir de 2010 au conseil d'administration de STX France (les chantiers navals de Saint-Nazaire), dont MSC était le principal client, et qu'il avait rejoint l'armateur après août 2016.

Ces révélations avaient entraîné en mai l'ouverture d'une enquête du parquet national financier (PNF) pour «vérifier si les règles relatives à la mise en disponibilité des agents publics ont bien été respectées».

Le bras droit du président Emmanuel Macron était devenu après août 2016 directeur financier de la filiale croisières de MSC, grâce au feu vert de la commission de déontologie de la fonction publique. Cette dernière s'était opposée en 2014 à une première tentative du haut fonctionnaire de travailler pour l'armateur.

Alors que le numéro deux de l'Elysée a affirmé s'être «toujours déporté» (s'être écarté des débats) quand il a eu à connaître comme haut-fonctionnaire des dossiers concernant MSC, Mediapart a ouvert le 6 août un nouveau front en publiant deux procès-verbaux du conseil de surveillance du Grand Port maritime du Havre (GPMH).

Alexis Kohler y siégeait, de 2010 à 2012, en tant que représentant de l'Agence des participations de l'Etat (APE) aux côtés du maire du Havre, l'actuel Premier ministre Edouard Philippe.

Lors de ces deux réunions, en septembre 2010 et 2011, Alexis Kohler avait pris la parole et voté en faveur de contrats à venir entre GPMH et Terminal Normandie MSC (TNMSC), filiale française de l'armateur et acteur majeur de l'extension du port alors en cours, révèlent les documents.

Plusieurs ex-membres du conseil ont affirmé à Mediapart qu’ils ignoraient tout de la situation familiale d’Alexis Kohler et qu’ils sont tombés des nues quand ils ont découvert très récemment ses liens avec MSC, l'un des plus gros transporteurs maritimes de conteneurs au monde.

Mediapart a annoncé avoir saisi la Commission d'accès aux documents administratifs (CADA) pour obtenir la déclaration d’intérêts d'Alexis Kohler lors de sa nomination au port du Havre.

Interrogé par l'AFP, l'Elysée n'a souhaité faire «aucun commentaire» compte-tenu de l'enquête en cours.

«Monsieur Kohler ne s’est jamais trouvé ou placé en position décisionnaire ou en situation de faire valoir une opinion personnelle dans les travaux internes et délibérations concernant MSC», avait répondu fin mai l'Elysée à Mediapart. «Ceci reste effectif pour le présent comme pour l’avenir».

Le PNF avait révélé l'existence de son enquête après une plainte déposée le 4 juin par l'association Anticor pour «prise illégale d'intérêt» et «trafic d'influence». Une perquisition avait été menée deux jours plus tard à Bercy, où Alexis Kohler a travaillé comme directeur adjoint de cabinet de 2012 jusqu'à la démission, le 30 août 2016, du ministre de l'Economie Emmanuel Macron.

Membre actif de la campagne présidentielle pour le candidat Macron, l'actuel secrétaire général de l'Elysée avait rejoint la présidence en mai 2017 après moins de neuf mois passés chez MSC. Dans l'intervalle, il était revenu à Bercy en mars 2017 pour participer, comme cadre de l'armateur, à une réunion sur la reprise de STX France alors en faillite, alimentant les soupçons de conflit d'intérêts.

Lire aussi : Affaire Kohler : le ministère des Finances perquisitionné, l'étau se resserre ?

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