Les CRS français s'équipent de tireurs d'élite pour faire face aux manifestants armés

Les CRS seront prochainement accompagnés de tireurs d'élite. Source: Reuters
Les CRS seront prochainement accompagnés de tireurs d'élite.

Alors qu'ils seraient de plus en plus souvent amenés à faire face à des armes à feu lors d'émeutes ou de manifestations, les CRS français vont se doter de tireurs d'élite.

L'hebdomadaire Marianne, en kiosques ce vendredi, révèle la nouvelle tactique des compagnies républicaines de sécurité (CRS). Et le moins que l'on puisse dire, c'est que ces nouvelles procédures à disposition des forces de l'ordre ne font pas dans la douceur.

Ces nouveaux «principes tactiques relatifs à la réaction d'une unité prise sous un tir d'arme à feu», comme cela est écrit dans la note envoyée à toutes les compagnies de CRS, mettent en effet à disposition des CRS des tireurs d'élite. A la base, un constat fait par les CRS en 2013 : lors de leurs sorties, les CRS font de plus en plus face à des personnes armées. La note stipule donc la mise en place d'un « binôme, observateurs-tireur arme longue».

En 2007 en effet, lors d'émeutes urbaines à Villiers-le-Bel, les CRS avaient été visés par des armes à feu. «L’évolution des menaces auxquelles les compagnies républicaines de sécurité sont susceptibles d’être confrontées (...) impose une adaptation de nos méthodes de raisonnement tactique », expliquait ainsi en 2013 le directeur des CRS, Philippe Klayman.

C'est donc chose faite, et les services devraient très prochainement être dotés de ce nouveau matériel, alors que des stages de tireurs sont annoncés dans la note révélée par Marianne. Une stratégie qui bouscule la doctrine française du maintien de l'ordre. Depuis des années en effet, et surtout depuis la mort de Malik Oussekine lors d'une manifestation en 1986, l'objectif des compagnies de CRS et des gendarmes mobiles français est de maintenir les manifestants à distance, d'éviter de tuer, voire même de blesser. 

Alors si pour la direction des CRS, ces tireurs sont vus, selon la note interne, comme «une aide au commandement» et «une possibilité de riposte», cette nouvelle tactique ne plait pas à tout le monde. Interrogé par Marianne, Philippe Capon, secrétaire général d'UNSA police craint en effet que les CRS deviennent «une police à l'américaine. On voudrait nous transformer en commando équipés comme des porte-avions. Nous n’en avons ni les moyens, ni la culture. »

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