France

Vers un nouveau procès pour «le logeur de Daesh», Jawad Bendaoud

Le procès en appel de Jawad Bendaoud, poursuivi pour avoir logé deux des auteurs des attentats djihadistes du 13 novembre 2015 à Paris et relaxé en première instance, se tiendra du 21 novembre au 21 décembre 2018.

Jawad Bendaoud, surnommé «le logeur de Daesh», sera jugé en appel entre le 21 novembre et le 21 décembre 2018.

Relaxé en février dernier par la justice française après avoir hébergé deux djihadistes des attentats d'Ile-de-France de novembre 2015, le tribunal avait estimé que les charges contre le prévenu étaient «insuffisantes pour démontrer la culpabilité de Jawad Bendaoud». Le parquet, qui avait requis quatre ans de prison, avait aussitôt fait appel.

Jawad Bendaoud a acquis une certaine notoriété, étant devenu la risée d'un pays traumatisé après ses premières déclarations à la presse. Il comparaissait pour avoir mis à disposition d'Abdelhamid Abaaoud, l'un des cerveaux présumés des attentats, et de son complice, Chakib Akrouh, un squat où ils s'étaient repliés à Saint-Denis. C'est là que les deux djihadistes sont morts le 18 novembre 2015 dans l'assaut des policiers du Raid.

Mohamed Soumah, également jugé pour «recel de malfaiteurs terroristes» lors de ce procès, avait été condamné à cinq ans d'emprisonnement. Il avait mis en contact Hasna Aït Boulahcen, qui cherchait une planque pour les deux djihadistes, et Jawad Bendaoud. Une peine de quatre ans de prison, dont un avec sursis, avait été prononcée contre le troisième prévenu, Youssef Aït Boulahcen – le frère d'Hasna Aït Boulahcen et le cousin d'Abdelhamid Abaaoud, jugé pour «non-dénonciation de crime».

Ce jugement concluait le premier procès en lien avec les attaques du 13 novembre 2015, qui ont fait 130 morts à Paris et Saint-Denis. Un procès retentissant avec plus de 700 parties civiles, plus de 100 avocats, des rires déclenchés par les propos décalés de Jawad Bendaoud et des larmes des victimes des attentats.

Jawad Bendaoud, qui a toujours dit ignorer héberger des terroristes, a présenté ses «excuses» aux victimes après sa sortie de prison. Sa relaxe avait choqué plusieurs familles de victimes et quelque 680 parties civiles ont interjeté appel du jugement, à l'issue de l'appel principal du parquet.

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