Journée morte dans toute la France contre la réforme de la justice (IMAGES)

Journée morte dans toute la France contre la réforme de la justice (IMAGES)© Jean-Paul Pelissier Source: Reuters
Avocats rassemblés devant le palais de justice de Marseille pour protester contre le projet de réforme de la justice.

Juges, avocats, magistrats, greffiers... Les métiers du barreau se sont donné rendez-vous ce 30 mars dans toute la France pour une journée «Justice morte». Ils protestent contre la réforme prévue par la garde des Sceaux Nicole Belloubet.

Les acteurs du barreau se sont fortement mobilisés dans toute la France le 30 mars, pour protester contre le projet de loi de programmation de la justice, qui devrait être examiné en Conseil des ministres le 18 avril.

A Alès, Nantes ou Evry, hommes et femmes de loi se sont allongés par terre par dizaines, leurs robes noires dessinant des motifs biseautés sur le sol. A Marseille, ils ont barré leur bouche d'un rectangle blanc. A Douai ou à Boulogne-sur-Mer, ils se sont regroupés autour de cercueils. A Saint-Brieuc, ils ont fait tresser des couronnes mortuaires à l'adresse de la «défunte justice». D'autres ont déposé dans les halls des tribunaux des gerbes ceintes d'un ruban sur lequel on pouvait lire «morte par ordonnance». 

A Meaux, des avocats ont brandi des fumigènes bleus, blancs et rouges, tout en arborant des masques de Nicole Belloubet, la garde des Sceaux. Des exemplaires du code civil ont été semés au sol devant la préfecture à Niort. A Agen, un groupe d'avocats a paradé faux à la main.

Un second rassemblement national est prévu le 11 avril.

Pour être sûrs de croiser quelques journalistes, certains avocats sont allés manifester devant la salle d'audience de Nanterre, où s'ouvrait une audience relative à l'affaire d'héritage de Johnny Hallyday, qu'attirait de nombreux journalistes.

Un communiqué conjoint de divers syndicats, aux airs de faire-part de décès, a été diffusé par l'Union syndicale des magistrats, le syndicat des avocats de France, la CGT Chancelleries et la CFDT. Le texte évoquait la «suppression des 307 tribunaux d'instance et de la fonction spécialisée de juge d’instance», «l'organisation judiciaire illisible et éloignée du citoyen», la «déshumanisation de la justice», la «privatisation du contentieux civil»… Il reproche au gouvernement d'avoir sacrifié tout ce qui pouvait l'être, au détriment de de la qualité, pour une justice à moindre coût et donc moins performante. 

Pourtant, cette loi de programmation prévoit une augmentation du budget qui pourrait atteindre 8,3 milliards en 2022, ainsi que 6 500 postes supplémentaires. Cette hausse serait avant tout symbolique selon Laurence Roques, présidente du syndicat des avocats de France, interrogée par RT France. «La France ne figure qu'au 14e rang sur les 28 Etats membres de l'Union européenne en matière de budget de la justice», rappelle-t-elle. Pour la syndicaliste, la réforme, afin d'atteindre ses objectifs, nécessiterait de doubler le budget alloués aux magistrats.

Plusieurs points de la réforme suscitent la colère des professionnels de la justice : «l’amélioration et la simplification» des procédures pénales et civiles, la «transformation numérique», la réorganisation des tribunaux qui éloignerait physiquement certains justiciable des tribunaux, ou encore la réforme de la durée et du type de peine. Selon la syndicaliste, «cette réforme ne vise qu’à éloigner les justiciables de leur juge». Elle découragerait dès lors les citoyens de mener des poursuites, ce qui diminuerait de fait le nombre de procédures, mais par défaut. 

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