Des terroristes en herbe à l'assaut des clubs de sport amateur ? (REPORTAGE)

Des terroristes en herbe à l'assaut des clubs de sport amateur ? (REPORTAGE) Source: RT
Manuel da Silva, l e président de l'US Lagny Messagers

En novembre, un club de football francilien a écarté deux entraîneurs pour radicalisation. RT France a rencontré son président et l'inspecteur général de la jeunesse et des sports de la région pour évoquer l’islamisme radical dans le sport amateur.

En novembre 2017, une nouvelle sème la consternation dans les rangs du club de sport de Lagny. Un entraîneur est exclu, un autre écarté, à cause de leurs liens avec l'islamisme radical. La présence d'individus radicalisés au sein des clubs sportifs est une réalité dénoncée par Patrick Karam, vice-président de la région Ile-de-France, interrogé par RT France. «Tous les terroristes qui ont fait des attentats en France ont été dans un club de sport», prévient-il.

«Nous avons aujourd’hui 829 individus radicalisés dans les clubs de sport en France, et 147 en Ile-de-France», déplore-t-il.

En novembre 2017, le club de l’US Lagny Messagers avait appris avec stupeur les liens de Keita Gaoussou et Nabil Aissaoui, coaches des équipes seniors depuis septembre, avec l'islamisme radical. Manuel da Silva, le président du club évoque le premier, fiché S, incarcéré pour n'avoir pas respecté son assignation à résidence. L'homme jouait au club depuis l'âge de huit ans et y était revenu depuis deux ans. «Il était un peu comme un grand frère, c’était un très bon joueur aussi. Les joueurs ont adhéré à son discours et ils ont demandé à ce qu’on le prenne comme coach de l’équipe», explique le président. Nabil Aissaoui avait quant à lui participé à l’organisation d’une école coranique clandestine chez lui, à Thorigny-sur-Marne.

Suite à cet incident ayant entraîné le renvoi des deux hommes, Manuel da Silva envisage de mettre fin à ses fonctions. «On n’est pas formés pour gérer ce genre de choses. Espérons que ce genre d’événement malheureux puisse faire avancer les choses», espère-t-il.

La région Ile-de-France en lutte contre la radicalisation dans le sport amateur

Patrick Karam évoque les problèmes liés à la montée de religiosité dans les clubs : «On a parfois des femmes qui jouent voilées ou des hommes qui jouent tout habillés à 34 degrés. On a des problèmes de prière sur le terrain ou dans les vestiaires. On a des questions liées au refus de serrer la main des femmes, à l'entraînement avec des femmes ou [au fait] d’être entraîné par des femmes. Une série de questions se pose aujourd'hui dans le sport, avec la religion qui s'y est invitée.» 

Le vice-président a mis en place un dispositif régional de prévention de la radicalisation.  Il évoque une charte de laïcité de la région Ile-de-France que les clubs doivent la signer pour obtenir des subventions publiques. Un système de formation a également été institué dans chaque fédération, afin de pouvoir mieux démasquer de potentiels individus radicalisés.

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