«J'ai jamais été embêtée par un requin» : Twitter réagit à une nouvelle campagne anti-harcèlement

«J'ai jamais été embêtée par un requin» : Twitter réagit à une nouvelle campagne anti-harcèlement© Campagne anti-harcèlement de la RATP et de la SNCF
La campagne anti-harcèlement dans les transports en Ile-de-France.

La RATP et la SNCF viennent de dévoiler leurs nouvelles affiches contre le harcèlement et les agressions sexuelles dans les transports publics. Si elles sont artistiquement soignées, leur référence aux animaux sauvages a agacé nombre d'internautes.

La campagne #StopHarcelement contre le harcèlement et les agressions sexuelles dans les transports en commun a été dévoilée le 5 mars par Valérie Pécresse, présidente (Les Républicains-LR) de la région Ile-de-France, Catherine Guillouard, PDG du groupe RATP et Alain Krakovitch, directeur de la SNCF Ile-de-France. Valérie Pécresse a fait savoir que l'objectif de cette campgne était de «libérer la parole, [et d'] inciter à témoigner et sanctionner les prédateurs».

Selon la présidente de région, la campagne serait «un peu choc» afin de «faire ressentir la peur qu'ont les femmes quand elles sont dans les transports en commun». Sur les affiches en question, à l'ambiance claire-obscure, des femmes inquiètes, agrippées à une barre du métro au milieur d'un environnement naturel, sont convoitées par... des loups, un requin blanc ou encore un ours.

La scène s'accompagne de l'injonction : «Ne minimisons jamais le harcèlement sexuel. Victimes ou témoins, donnez l'alerte !»

«Cessons de stigmatiser ces animaux»

Cette campagne a suscité l'agacement ou les commentaires ironiques d'internautes, qui trouvent qu'elle rate sa cible. Des utilisatrices de Twitter disent ainsi ne pas se souvenir d'avoir été malmenées par des requins ou des ours dans les wagons ou les couloirs du métro. D'autres appellent à accuser «les vrais coupables» au lieu d'animaux.

Abondant dans leur sens, Valério Motta, ancien conseiller en communication de la secrétaire d'Etat chargée des Droits des femmes Pascale Boistard sous la présidence Hollande, détaille son scepticisme au sujet de la campagne, estimant que celle-ci n'allait «pas pousser beaucoup d'hommes à se remettre en cause».  

Un utilisateur de Twitter demande avec humour si on peut appeler le numéro dédié aux agressions sexuelles si celles-ci sont commises par une autre créature qu'un loup, qu'un requin ou qu'un ours...

D'autres internautes, défenseurs des animaux, se sont insurgés de voir loups, requins et ours assimilés aux harceleurs sexuels, d'autant que les trois espèces figurées sont protégées par la Convention internationale sur le commerce d'espèces sauvages menacées d'extinction (CITES). Ils souhaitent rappeler que ces bêtes sauvages, contrairement à certains hommes, ne constitueraient pas une menace pour la femme.

Que la campagne porte ses fruits ou non, 11 000 affiches vont être placardées sur les réseaux RATP et SNCF d'Ile-de-France et 55 000 dépliants d’information vont être distribués dans les gares. La campagne sera en outre relayée sur 3 000 écrans de la région.

87% des usagères des transports en commun victimes de harcèlement sexuel ou sexiste ou d'agressions sexuelles

«En France, 87% des usagères des transports en commun déclarent avoir déjà été victime de harcèlement sexiste, de harcèlement sexuel ou d'agressions sexuelles et 8 femmes sur 10 se sentent en insécurité dans l'espace public», est-il écrit sur le compte Twitter du réseau de transport de trains de banlieue de SNCF, Transilien. 

La campagne conseille aux femmes victimes ou aux de témoins de signaler les actes de harcèlement et agressions «à un agent en station ou en gare », d'appeler «une borne d'appel dans les stations et gares» ou d'appeler le 3117. Ce numéro géré par 45 agents présents 24h/24, tous les jours, permet de dénoncer les agressions et d’appeler à l’aide. Géré par la SNCF depuis 2013, il a été étendu à la RATP en mars 2017.

Dans le cadre de la lutte contre les harcèlements et agressions sexuelles dans l'espace public, Valérie Pécresse a annoncé le 21 janvier l’expérimentation de l’arrêt des bus à la demande entre deux stations la nuit, sur une dizaine de lignes en Ile-de-France.

Lire aussi : Valérie Pécresse annonce l’arrêt à la demande des bus de nuit pour protéger les femme

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