L'exposition d'animaux de cirque au froid de la place de la République provoque de vives réactions

L'exposition d'animaux de cirque au froid de la place de la République provoque de vives réactions© Eric Feferberg Source: AFP
Passants face aux chameaux amenés par les cirques le 17 janvier 2018.

Des cirques ont emmené sur la place de la République les animaux qu’ils utilisent lors de leurs représentations, pour protester contre le harcèlement dont ils affirment faire l'objet de la part de «groupuscules animalistes». Les réactions ont fusé.

Dans la matinée du 17 janvier, surprise pour les Parisiens arpentant la place de la République : zébus, singes, chameaux et zèbres, exposés à des températures hivernales, y contemplaient les passants d’un œil morne. Drôle d’endroit pour une rencontre avec ces bêtes sauvages, mais qui se sont avérés être des animaux de cirque. Leur présence, dans des enclos, a déclenché la colère d'associations et de nombreux internautes.

L'association de protection des animaux 30 millions d'amis et la fondation Brigitte Bardot se sont ainsi fendus de tweets indignés.

Parmi les internautes, l'un note avec ironie que les animaux «ont l'air vraiment ravis et à leur aise».

Cette militante pour le droit des animaux a fait le tour de la place en vidéo, pour dénoncer la présence animale sur la place.

Même si de nombreux passants l’ignoraient, en montrant leurs animaux, les cirques venaient protester contre le harcèlement dont ils affirment faire l'objet. Une vingtaine de cirques, dont celui des Zavatta, avaient répondu à l'appel de l'association de défense des cirques des familles, l'ADCF, qui estime être en butte aux «groupuscules animalistes». 

Anthony Dubois, son président, a déclaré au Parisien que ces derniers harcelaient «les pouvoirs publics en déversant des tombereaux d’insultes sur la profession du cirque» et qu’il était temps, pour eux, de s'«expliquer et d’aller à la rencontre des Parisiens».

Anne Hidalgo en pleine contorsion sur la question des animaux de cirque

L'étonnement de certains Parisiens à l'égard de cet événement peut venir du fait qu'une proposition relative à l'interdiction des animaux de cirque a été votée le 13 décembre 2017. 

Un internaute a ainsi relevé que la tenue de l'événement était «contradictoire» avec les récentes déclarations d'Anne Hidalgo. 

«Tous les élus parisiens ont voté le 13/12/2017 le vœu d'Anne Hidalgo de bannir les cirques avec animaux», critique cet internaute.

Mais la réalité est bien plus complexe. Le Conseil de Paris a eu à évaluer l'interdiction des animaux dans les cirques, à la demande d'élus écologistes et UDI-Modem à la mi-décembre.

Ces derniers sont opposés à leur exploitation et déplorent le confinement, les mauvais traitements, le stress endurés par les bêtes hors de leur milieu naturel. La mort d'une tigresse échappée d'un cirque en novembre, et abattue par son propriétaire dans le XVe arrondissement de Paris, venait à l'appui de la requête. Mais les socialistes se sont opposés à l'interdiction immédiate des animaux dans les cirques de Paris. Toutefois le Conseil a adopté à l'unanimité un texte qui s'engage à interdire sous conditions l'utilisation d'animaux sauvages dans les cirques à Paris, dont Anne Hidalgo s'était fait l'écho. 

Ce souhait est, précisément, conditionné à une concertation avec ces professionnels du spectacle. Le texte appelle l'Etat à organiser des réunions avec les circassiens pour étudier le futur des animaux en question... et repousse, de fait, l'interdiction aux calendes grecques.

Les opposants à l'exploitation animale dans les spectacles ont donc obtenu un résultat en demi-teinte. Jacques Boutault, maire écologiste du IIe arrondissement l'avait déploré : «Nous regrettons que l’exécutif n’ait pas eu le courage de prendre clairement position pour des cirques sans animaux sauvages sur son territoire». L'élu Modem Yann Wehrling avait exprimé ses regrets sur Facebook : «Déçu du rejet de mon vœu.»

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