Téléphone dans les cellules de prison : Dupont-Aignan se demande s'il vit «dans un pays de fous»

Le 2 janvier, Le Monde annonçait que le ministère de la Justice prévoyait d'installer des téléphones fixes dans les cellules des détenus. Une action qui a fait vivement réagir certains politiques, dont le président de Debout la France.
L'information du Monde, daté du 2 janvier, a scandalisé un certain nombre de responsables politiques. Selon le quotidien, le ministère de la Justice a lancé un appel d'offres pour installer des téléphones fixes dans plus de 50 000 cellules de 178 établissements pénitentiaires. «Je suis indigné», s'est offusqué le président de Debout La France (DLF), Nicolas Dupont-Aignan, invité sur le plateau des 4 Vérités sur France 2, le 5 janvier.
Vous trouvez normal que quand on a violé, quand on a tué, on ait le téléphone ? Vous trouvez normal qu'en prison, cela soit comme un hôtel ?
«Vous savez qu’il y a des zones rurales en France où il n’y a pas le téléphone. Et les voyous en prison vont avoir le téléphone. Mais quand j’ai su ça, je me suis demandé si j’étais dans un pays de fous et je me suis demandé si au ministère de la Justice, il y avait des fous !», s'étrangle le souverainiste.
🗨️ @dupontaignan se dit "indigné que les voyous en #prison aient le #téléphone. Quand j'ai su ça je me suis demandé si j'étais dans un pays de fous !" #Les4V@telematinpic.twitter.com/fMSxpeNAu8
— Guillaume Daret (@GuillaumeDaret) 5 janvier 2018
L'ancien candidat à la présidentielle a également prévenu des conséquences d'une telle politique, dont l'objectif officiel est de lutter contre le trafic de téléphones portables dans les prisons : «Vous trouvez normal que quand on a violé, quand on a tué, on ait le téléphone ? Vous trouvez normal qu'en prison, cela soit comme un hôtel ? Je ne l'accepte pas. Et si on ne change pas ça, et bien il y aura encore plus d'agressions de policiers demain», a averti Nicolas Dupont-Aignan.
Même son de cloche pour le député européen Les Républicains (LR), Renaud Muselier : «La prison ce n’est pas le Club Med ! Quelle est la prochaine étape ? L’abonnement à Canal+ pour la culture cinématographique ?!», a tweeté l'élu de droite, en adressant son message à la garde des Sceaux, Nicole Belloubet, le 2 janvier.
La #prison ce n’est pas le #ClubMed ! Quelle est la prochaine étape ? L’abonnement à #Canal+ pour la culture cinématographique ?! Je demande à @NBelloubet de renoncer à ce projet ! Pour lutter contre les trafics de portables on installe des brouilleurs !https://t.co/6xc7J2TkZs
— Renaud Muselier (@RenaudMuselier) 2 janvier 2018
De même, entre autres exemples, le maire Front national (FN) de Fréjus, David Rachline, s'est demandé le 2 janvier si la prochaine étape ne serait pas l'installation par le ministère de la Justice de «distributeurs de chichon [drogue] dans chaque cellule».
Face au trafic de téléphones portables en prison, le Ministère de la Justice va sévir ? Non, il va abdiquer et installer des téléphones pour les détenus... Bientôt également des distributeurs de chichon dans chaque cellule ? https://t.co/JO215KFkAm
— David Rachline (@david_rachline) 2 janvier 2018
Une première expérimentation concluante, selon le gouvernement
Ce dispositif était expérimenté depuis juillet 2016 dans la prison de Montmédy dans la Meuse. Une expérimentation concluante, qui a «permis d'apaiser les tensions» dans cet établissement, selon le ministère de la Justice.
«Une stupidité»? Des #téléphones fixes dans chaque cellule de #prison, la décision qui fait polémique
— RT France (@RTenfrancais) 2 janvier 2018
➡️ https://t.co/b0MP9yD1nRpic.twitter.com/AvOasHiF4I
Actuellement, les détenus ont accès à des cabines téléphoniques situées le plus souvent dans les coursives (couloirs). «Mais les personnels doivent accompagner [les détenus], ce qui demande du temps et de la disponibilité. C'est donc compliqué», a mis en avant la chancellerie. «Parfois, un détenu a quatre personnes avant lui pour accéder au téléphone sur la coursive. Et quand c'est son tour, il faut retourner en cellule. Cela crée de la tension», racontait à l'AFP Christopher Dorangeville, secrétaire général de la CGT Pénitentiaire.
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