Jean-Luc Mélenchon dénonce le «dérapage dans l'autoritarisme» de François de Rugy

Jean-Luc Mélenchon dénonce le «dérapage dans l'autoritarisme» de François de Rugy© CHRISTOPHE ARCHAMBAULT Source: AFP
Passe d'armes à l'Assemblée entre François de Rugy (à gauche) et Jean-Luc Mélenchon (à droite). Image d'illustration.

Dénonçant la sanction infligée contre François Ruffin, pour port d'un maillot de foot à l'Assemblée et la menace de François de Rugy d'arrêter les questions au gouvernement, Jean-Luc Mélenchon formule de vives critiques à l'encontre de l'ex-EELV.

Lors d'un point presse, le leader de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, a accusé le 20 décembre le président de l'Assemblée nationale et élu La République en marche (LREM) François de Rugy d'être «en plein dérapage dans l'autoritarisme», alors, a-t-il souligné, qu'il n'a pas été élu «papa de l'Assemblée, ni directeur d'école».

A l'origine de cette remarque : la confirmation de la sanction infligée à son camarade, le député, François Ruffin. Ce dernier avait persisté le 7 décembre à porter un maillot de football lors des séances parlementaires, malgré un premier avertissement du président de séance Hugues Renson. 

Agacé par cette «provocation», selon ses propres propos, François de Rugy avait rappelé François Ruffin à l'ordre, avec «inscription au procès-verbal», le 7 décembre toujours. Cette sanction qui coûte un quart de l’indemnité parlementaire de François Ruffin durant un mois, soit un peu plus de 1 300 euros, a été confirmée le 20 décembre par le bureau de l'Assemblée nationale. François de Rugy justifie qu'il n'y a, malgré tout, pas «de tenue imposée à l'Assemblée nationale [...] En revanche nous souhaitons une bonne tenue des débats. [...] [L'Assemblée] n'est pas un théâtre où on vient avec des costumes, des déguisements.»

Une décision qui peut faire jurisprudence puisque le port de la cravate ou du costume n'est pas institué dans le règlement. D'ailleurs, François de Rugy estime que «le bureau de l'Assemblée nationale rappellera des règles» pour plus de clarté et éviter que d'autres dérives ne surviennent, comme de venir dans «une tenue religieuse ou d'apiculteur [si les députés doivent débattre d'un problème lié aux insecticides tueurs abeilles]». Ainsi, François de Rugy assure avoir «fait des propositions pour qu'en janvier, un certain nombre de règles soit édictées» puisque «l'auto-régulation ne suffit plus».

La confirmation de la sanction qui n'a évidemment pas plus aux insoumis et encore moins, au premier concerné, François Ruffin. Ce dernier considère la sanction injuste pour lui et «tous les bénévoles» qu'il a voulu représenter en arborant le maillot d'un petit club de football de village.

La goutte d'eau qui fait déborder le vase, pour Les insoumis

Pour Jean-Luc Mélenchon, il s'agit certainement de la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Les insoumis ont d'ailleurs annoncé leur décision de boycotter l'invitation au traditionnel pot de fin d'année organisé par le président de l'Assemblée. 

Le 19 décembre, LFI et son leader Jean-Luc Mélenchon avaient également été outrés par l'attitude de François de Rugy. Pour calmer le brouhaha lors de la traditionnelle séance des questions au gouvernement, François de Rugy avait menacé de mettre fin à la séance parlementaire.

Attaqué par plusieurs députés de l'opposition, et pas seulement de LFI, François de Rugy s'est fait admonester par Jean-Luc Mélenchon. L'ex-candidat à la présidentielle de 2017 a invoqué le règlement de l'Assemblée : «Vous vous êtes abandonné à une de ces crises d'autorité que nous n'acceptons pas [...] Il n'appartient pas au président de l'Assemblée de modifier l'article 48 [relatif à l'organisation des séances des questions au gouvernement] de la Constitution [...] Et vous n'avez pas l'autorité qui vous permet de supprimer une telle séance.»

Loin de se décontenancer, François de Rugy lui avait rappellé que l'article 48 ne prévoyait qu'une séance de questions au gouvernement par semaine et qu'il s'est lui-même toujours battu pour qu'il y en ait deux : «Maintenant si on ne s'entend plus dans ces séances [...] Si 300 députés se mettent à couvrir de leur voix l'expression d'un député, cela n'aura plus aucun intérêt ni pour nous, ni pour celles et ceux qui nous regardent», se justifie-t-il avant d'être appuyé par des applaudissements au sein de l'hémicycle.

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