«Politiquement, la HSBC ne veut plus de moi» : Le Pen publie son échange avec le patron de la HSBC

«Politiquement, la HSBC ne veut plus de moi» : Le Pen publie son échange avec le patron de la HSBC© FRANCOIS GUILLOT Source: AFP
Marine Le Pen

Marine Le Pen a diffusé un verbatim de son échange avec le patron de la HSBC, qui a clôturé son compte personnel. Ce dernier nie toute discrimination politique, ce dont doute fortement la présidente du Front national.

En conflit ouvert avec la HSBC qui a décidé de clôturer son compte personnel, Marine Le Pen a transmis à la presse le 22 novembre un communiqué présentant le verbatim de sa conversation avec le directeur de la branche française de la banque, Thomas Vandeville. L'authenticité du long échange, publié dans son intégralité par le site d'information le Huffington Post le 23 novembre, n'a cependant pour l'heure pas été vérifié, et il impossible de savoir s'il a été expurgé.

Mais il donne malgré tout un bon aperçu des positions défendues par la banque pour justifier sa décision. Thomas Vandeville affirme en effet que les informations fournies par la présidente du Front national (FN) sont insuffisante aux vues de «l'exigence définie par la réglementation, par le régulateur français et par la banque centrale». Marine Le Pen rappelle alors au banquier qu'elle est cliente depuis 25 ans dans son établissement et s'étonne que subitement la HSBC ne la connaîtrait plus assez : «C'est une plaisanterie j'espère ?»

«N'enrobez pas ça avec des considérations légales, ce sont des considérations politiques»

«Je n'ai jamais reçu de lettre de la HSBC me disant "madame, nous vous demandons compte tenu de la réglementation européenne, française, etc, un certain nombre de renseignements", je n'ai jamais reçu cette lettre-là... mais envoyez-là-moi et je vous répondrai avec grand plaisir, comme cela, ça mettra fin à cette difficulté», lance ensuite la candidate malheureuse du second tour de la présidentielle, tout en se montrant très sceptique sur les raisons officielles avancées par la banque.

«A ce moment-là, vous m'envoyez encore une fois ce questionnaire auquel je répondrai, ou alors vous arrêtez votre cinéma et vous m'expliquez clairement que politiquement, la HSBC ne veut plus de Marine Le Pen, présidente du Front national dans sa banque», poursuit-elle. Estimant qu'il s'agit d'une question de «loyauté» et d'«honnêteté», Marine Le Pen souhaite faire avouer les vraies raisons de son éviction à son interlocuteur : «N'enrobez pas ça avec des considérations légales, alors qu'en l'occurrence, ce sont des considérations politiques.»

Vandeville nie toute discrimination politique

Notant qu'il était du «libre arbitre de la banque» de choisir ses clients, Thomas Vandeville se défend de toute discrimination sur une base politique : «Pas du tout, vraiment aucun rapport, nous faisons notre métier ; il est soumis à des contraintes très fortes... Celles qui déterminent nos décisions.»

«La décision de dénonciation de notre relation a été prise en début d'année, on a considéré que ça n'était pas une bonne chose de faire ça en pleine campagne, en pleine période d'élections, nous avons attendu que cette période soit passée», plaide-t-il en outre.

Des explications qui sont loin d'avoir convaincu Marine Le Pen, qui souligne la troublante coïncidence du timing de la décision de la HSBC avec celle de la Société générale, qui a pour sa part annoncé la clôture des comptes du Front national : «[Cette décision] intervient juste au même moment, comme par hasard.»

Outre les comptes du FN, L'Opinionrévèle que la Société générale a également décidé de clôturer le compte bancaire personnel de Jean-Luc Schaffhauser, l'eurodéputé FN qui avait négocié l'emprunt russe souscrit par le parti frontiste à hauteur de 9 millions d'euros auprès de la First Czech-Russian Bank, basée à Moscou. Ce dernier a porté plainte pour discrimination «en raison des opinions et de l’affiliation politique» contre l'établissement bancaire, a fait savoir son avocat le 23 novembre.

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