«La démocratie aux mains des banques» : le FN condamne la possible clôture de ses comptes

 «La démocratie aux mains des banques» : le FN condamne la possible clôture de ses comptes
Illustration ©BERTRAND LANGLOIS / AFP

Plusieurs cadres du Front national ont vivement réagi à l'information selon laquelle la Société Générale a sommé le parti de fermer ses comptes. Une mésaventure de plus pour le FN qui entretient des relations exécrables avec les banques.

Le Front national (FN) va-t-il devoir recourir au droit au compte bancaire et solliciter la Banque de France ? Selon les informations de France Inter et Mediapart, la Société Générale veut clôturer les comptes du FN.

Si la banque, se retranchant derrière le secret bancaire, s'est refusé à en donner les motifs, la fermeture des comptes a suscité de vives réactions parmi les dirigeants du parti. «Vous savez notre relation aux banques est l'un des grands scandales démocratiques de notre temps», a ainsi déploré David Rachline, sénateur FN, maire de Fréjus et cadre du parti sur Sud Radio ce 21 novembre 2017. «Déjà au moment de l'élection présidentielle nous étions en recherche d'argent, en recherche de prêts pour pouvoir mener campagne, et l'intégralité des banques françaises avaient refusé de nous prêter un seul centime», a-t-il rappelé.

«Les banques et certains membres de l'oligarchie se servent de leur pouvoir financier afin que certains partis politiques ne puissent pas faire campagne», a détaillé le dirigeant du FN, malgré de nombreuses interruptions d'un des journalistes, Christophe Bordet, lui intimant presque l'ordre de préciser ce qu'il entendait par le terme d'«oligarchie».

David Rachline faisait ainsi écho à Louis Alliot, qui évoquait la même problématique sur le plateau de BFMTV la veille. «Les Français doivent savoir que la démocratie est entre les mains des banques et de l'argent», déplorait-il, interrogé par Jean-Jacques Bourdin, et annonçant une conférence de presse à ce sujet de Marine Le Pen, prévue pour le 22 novembre.

Le trésorier du FN, Wallerand de Saint-Just, a dénoncé pour sa part un «combat politique» contre le parti souverainiste, rappelant que contrairement au parti Les Républicains, le FN n'avait pas de dette auprès de la Société Générale.

Marine Le Pen toujours dans le collimateur des banques

Lors de la campagne présidentielle de 2017, Marine Le Pen s'en était vivement prise aux banques. «Quand un parti est pauvre, et que les banques refusent de lui prêter, alors c'est un acte politique. C'est le pouvoir des banques», déplorait-elle ainsi en janvier dernier, alors qu'il manquait quelque 6 millions d'euros dans les caisses du FN pour assurer la campagne. Et le fait de prôner la sortie de la monnaie unique européenne n'a pas arrangé la réputation de la candidate auprès des banques. En mars 2017, la banque Crédit Suisse se joignait aux détracteurs de son programme économique, et lui rendait la monnaie de sa pièce en jugeant une victoire de Marine Le Pen comme le plus gros risque pour l'Europe.

Les difficultés financières du Front national ne datent toutefois pas d'hier. Après avoir évoqué en 2016 un possible emprunt auprès d'une banque des Emirats arabes unis pour financer la campagne électorale présidentielle, le Front national avait annoncé en décembre 2016 avoir emprunté six millions d'euros à son fondateur, Jean-Marie Le Pen. Pour mémoire, les difficultés de financement qui touchent le parti l'avaient déjà conduit en 2014 à chercher de l'argent à l'étranger auprès d'une banque tchéco-russe, la First Czech-Russian Bank, qui a depuis déposé le bilan.

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