Quand le service d'ordre d'Emmanuel Macron repousse un journaliste aux questions qui «dérangent»

Quand le service d'ordre d'Emmanuel Macron repousse un journaliste aux questions qui «dérangent» © FRANCOIS LO PRESTI Source: AFP
Emmanuel Macron a profité de sa visite dans le Nord pour évoquer sa politique de la ville et prendre quelques selfies

Alors qu'il se déplaçait à Lille ce 14 novembre, Emmanuel Macron a soigneusement évité de répondre à certaines questions des journalistes. Son service d'ordre a même empêché un reporter de pratiquer son métier en le tenant à distance du cortège.

«Apparemment tu as posé une question qui dérange», souligne un passant tout sourire à un journaliste de C à vous (France 5). Entouré de plusieurs membres du service d'ordre d'Emmanuel Macron, Tancrède Bonora a été victime non seulement de l'indifférence d'Emmanuel Macron mais également de la virilité du service d'ordre.

Dans une vidéo, postée sur Twitter, le reporter tente en vain de formuler ses questions au président de la République. «Monsieur Macron, vous répondez quoi à ces 65% de Français qui s'estiment perdants ?», questionne une première fois Tancrède Bonora. 

Durant son bain de foule, Emmanuel Macron, sourire crispé, répond avec circonvolution tout en serrant les mains  : «Je réponds aux Françaises et aux Français, vous allez me les trouver dans l'échantillon que vous avez !» Une première fois bloqué par la sécurité, l'intervieweur revient à la charge : «Monsieur Macron, vous aviez besoin de ces selfies et de ce bain de foule pour redorer votre image ?»

Ignorant cette interrogation, Emmanuel Macron reçoit l'aide de plusieurs de ses anges gardiens. Le journaliste est intelligemment repoussé et éloigné du chef d'Etat. «On ne peut pas poser de questions au président ?», demande-t-il à l'un des agents. Celui-ci répond laconiquement par un simple «voilà». 

Quelques minutes plus tôt, et avant l'arrivée d'Emmanuel Macron, l'un des responsables de la sécurité avait déjà ciblé le journaliste de France 5. «Si on vous entend, ne serait-ce qu'une parole, pour l'arrivée du président de la République, vous êtes éjectés et on vous garde en vérification pendant quatre heures.» 

Le président, qui a vu sa cote de popularité chuter entre le mois de juin et l'automne (53% des Français estiment que la politique menée favorise les plus aisés), entretient des relations plutôt délicates avec les médias. Début octobre, il s'en était pris à la presse, accusée selon lui de mettre «le bordel» après la médiatisation de l'une de ses phrases polémiques. Cet été, il avait également pris de court la presse en annonçant qu'il ne se plierait pas à la traditionnelle interview du 14 juillet, ses proches estimant que sa pensée était «trop complexe» pour les journalistes. 

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