Depuis le Maroc, Dominique Strauss-Kahn acte le décès du PS et fait l'éloge de Macron

Depuis le Maroc, Dominique Strauss-Kahn acte le décès du PS et fait l'éloge de Macron© FRANCOIS LO PRESTI Source: AFP
Dominique Strauss-Kahn, ancien membre du PS et ministre de l'Economie dans le gouvernement Jospin, entre 1997 et 1999

L'ancien patron du FMI s'est montré très sévère envers son ancien parti, qui est voué selon lui à disparaître avec l'évolution du paysage politique français. Il a également tressé des lauriers à Emmanuel Macron, «en train d'agir étonnamment bien».

En marge de la World Policy Conference, une rencontre internationale dédiée à la gouvernance mondiale à laquelle Dominique Strauss-Kahn (DSK) participait le 4 novembre à Marrakech, l'ancien ministre français de l'économie a livré une analyse sans concessions sur l'avenir du Parti socialiste (PS).

«Ce parti qui est le mien, et je le dis avec tristesse mais c'est comme ça, n'a pas su accompagner la mondialisation, se transformer quand le monde se transformait et donc il est temps qu'il disparaisse», a-t-il asséné sans ambages.

Et l'ancien directeur général du Fonds monétaire international (FMI) d'insister : «Je crois que le PS n'a pas d'avenir et je crois que c'est une bonne chose, que le temps est venu de renouveler le centre-gauche français». S'il estime nécessaire qu'une «autre force apparaisse», il juge en revanche que cela  n'implique pas forcément un changement en profondeur du personnel politique, cette dernière pouvant se constituer avec «une même partie des membres».

Macron agit «étonnamment bien» selon DSK

Une stratégie qui a fait le succès d'Emmanuel Macron, dont l'élection «a créé une sorte de tremblement de terre dans la politique française», estime en outre DSK qui n'est pas avare de compliments à l'égard de l'actuel président de la République : «[Il] est en train d'agir étonnamment bien.»

«[Emmanuel] Macron n’est ni gauche ni droite, je voudrais qu'il soit de gauche et de droite [...] c’est une bonne chose que les deux puissent travailler ensemble», a encore estimé celui qui n'avait pu représenter le PS à la présidentielle de 2012, suite à des accusations d'agressions sexuelles. Un positionnement politique qui pourrait permettre au président de faire «en cinq ans beaucoup de changements en France qui n'ont pas existé pendant les trente précédentes années», a conclu un Dominique Strauss-Kahn enthousiaste.

Le PS grince des dents

Des cadres du PS sont immédiatement montés au créneau pour fustiger ses propos et défendre un parti plongé dans des difficultés aussi bien financières qu'idéologiques depuis la déculottée qu'il a essuyée lors de la présidentielle.

Le président du groupe PS à l'Assemblée nationale, Olivier Faure, a pointé du doigt la «rancœur» qu'entretiendrait Dominique Strauss-Khan, avant de lui rappeler que le parti n'était pour rien dans son abandon de la politique.

Le député Luc Carvounas a pour sa part qualifié ses propos d'«incroyables», estimant que le PS lui avait «tout donné».

Lire aussi : Révolutionnaire, Le Foll propose de rebaptiser le Parti socialiste... et opte pour l'originalité

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.