1 200 brebis dans les rues de Lyon : des éleveurs manifestent contre le futur plan loup (IMAGES)

- Avec AFP

1 200 brebis dans les rues de Lyon : des éleveurs manifestent contre le futur plan loup (IMAGES)© JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP
Manifestation des éleveurs, le 9 octobre à Lyon, contre le plan loup

Des centaines d'éleveurs accompagnés d'un millier de brebis ont manifesté le 9 octobre dans les rues de Lyon contre le futur plan loup, accusé de donner «tous les droits» au prédateur.

Entre 1 000 et 1 500 éleveurs selon les organisateurs (550 selon la préfecture) se sont rendus à Lyon, le 9 octobre, pour manifester contre le futur plan loup, accusé de donner «tous les droits» au prédateur. La plupart des manifestants venaient des départements alpins et du Massif Central, les plus touchés par l'animal. Ils étaient précédés de 1 200 brebis qui avançaient au son des cloches, escortées par plusieurs bergers, donnant aux rues de Lyon des allures d'alpage.

Sur une pancarte, un éleveur de Haute-Savoie s'agace : «Nous ne sommes plus des éleveurs, nous sommes des nourrisseurs d'espèces protégées.» D'autres portaient des tee-shirts avec des photos de brebis éventrées et appelaient à «sauver les alpages». 

«Dans le futur plan, les loups ont tous les droits, les brebis aucun», lance Emmanuelle Cazottes, éleveuse venue de l'Aveyron pour manifester contre le prochain plan loup pour la période 2018-2023, en cours de négociations entre syndicats agricoles, associations de protection des animaux et représentants de l'Etat.

Selon Nicolas Merle, président des Jeunes agriculteurs Auvergne-Rhône-Alpes, ce plan pose deux problèmes majeurs en privilégiant les tirs de défense et d'effarouchement sur l'abattage. Mais le plan conditionne aussi les indemnisations des éleveurs à la mise en place de mesures de protection.

Il ajoute que les éleveurs, eux, veulent un plan qui «permette zéro attaque sur les troupeaux». En 2016, plus de 10 000 bêtes ont été tuées. La population de loups est en constante augmentation depuis son retour en France par l'Italie au début des années 1990 et avec 360 loups, actuellement elle a connu une augmentation de 22% en un an. 

En août, le ministre de l'Agriculture, Stéphane Travert, avait appelé à «sortir de l'approche comptable du nombre de prélèvements mensuels, qui embrase le débat public chaque année».

Ce nouveau plan, en cours d'élaboration par la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (Dreal) d'Auvergne Rhône-Alpes, chargée du dossier au niveau national, était au programme d'une nouvelle réunion le 10 octobre en préfecture de Lyon. Mais cette dernière a été ajournée sine die. Les représentants des éleveurs avaient claqué la porte de la précédente rencontre, au mois de septembre.

Une poignée de parlementaires devraient par ailleurs être reçus à l’Elysée pour évoquer ce sujet le 8 novembre, selon Emilie Bonnivard, députée Les Républicains (LR) de Savoie, présente dans le cortège.

Le dernier arrêté en vigueur permet l'abattage de 40 loups entre le 1er juillet 2017 et le 30 juin 2018. A la fin de l'été, période la plus dangereuse avec les brebis en pâturage, 22 loups avaient été tués.

Le carnivore, présents sur 90% du territoire français jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, avaient disparu du pays dans les années 1930.

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