«Industrie bradée», «désastre national»... La classe politique remontée contre la vente d'Alstom

«Industrie bradée», «désastre national»... La classe politique remontée contre la vente d'Alstom© Jacky Naegelen Source: Reuters
Le dos d'un manifestant en 2016 à Belfort
Suivez RT France surTelegram

Le mariage industriel franco-allemand entre Alstom et Siemens, annoncé le 26 septembre, provoque peu de remous outre-Rhin mais fait fortement grincer des dents en France : politiques et syndicats déplorent une perte pour l'industrie hexagonale.

Alors que l'annonce de la fusion entre le constructeur ferroviaire Alstom et la branche ferroviaire du groupe allemand Siemens reçoit un accueil plutôt favorable en Allemagne, elle suscite des réactions pour le moins mitigées en France.

Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a beau assurer au micro de BFMTV le 28 septembre que le gouvernement a «les moyens d'exercer la pression nécessaire» pour que Siemens tienne ses engagement sur l'emploi, les opposants à la fusion, de droite comme de gauche, n'ont que des mots durs pour qualifier ce rapprochement industriel.

Sur la même ligne, le patron d'Alstom, Henri Poupart-Lafarge, qui sera maintenu à son poste dans l'entreprise, a déclaré le 28 septembre que ce choix stratégique permettrait de créer des emplois et a déploré le «patriotisme mal placé» des opposants à la fusion.

La France vendue à l'encan ?

Concrètement, la fusion annoncée le 26 septembre se traduira par une prise de contrôle de la société française par le groupe allemand, qui sera majoritaire au conseil d'administration. C'est ce point tout particulièrement qui fait froncer les sourcils dans la sphère politique française.

En marge d'une conférence de presse, Bernard Accoyer, secrétaire général des Républicains (LR), a regretté les récentes fusions industrielles françaises : «STX aux Italiens, Alstom aux Allemands, passent aux mains étrangères ! Emmanuel Macron avait pourtant dit qu'il n'y avait pas de grand pays sans grandes industries.» Il faisait ainsi référence à la reprises des chantiers navals STX basés à Saint-Nazaire par l'italien Fincantieri.

«La France industrielle bradée», pour Woerth

Eric Woerth, président de la commission des finances, s'est également «étonné», estimant que contrairement à STX, dans le cas de la fusion d'Alstom, «la France industrielle» était «bradée».

L'ancien ministre du Budget de François Fillon a également tenu à clarifier : «Alstom ne devient pas franco-allemand, Alstom devient allemand.»

Pour Arnaud Montebourg, en revanche, «il n'est pas trop tard pour nationaliser Alstom.» Dans une tribune publiée dans Le Monde, l'ancien ministre de l'Economie est revenu sur son amour du made in France et a dit toute sa «tristesse» face à ce projet qu'il qualifie de «désastre national annoncé», tout en assurant «qu'il pourrait en être autrement». «Il n’est pas trop tard pour reprendre les négociations jusqu'à une alliance entre égaux», assure-t-il.

Macron en ligne de mire pour Le Pen et Lienemann

La présidente du Front national (FN) Marine Le Pen évoque, quant à elle, «une éviscération de l'industrie française» par le président Emmanuel Macron.

Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice socialiste, a également mis en cause directement le chef de l'Etat : «Macron abandonne des pans majeurs de l'industrie française. Discours pipeau, réalité : la perte de contrôle de la France.»

Lire aussi : L'entreprise française Alstom signe un protocole d'accord sur sa fusion avec l'allemand Siemens

Raconter l'actualité

Suivez RT France surTelegram

En cliquant sur "Tout Accepter" vous consentez au traitement par RT France de certaines données personnelles stockées sur votre terminal (telles que les adresses IP, les données de navigation, les données d'utilisation ou de géolocalisation ou bien encore les interactions avec les réseaux sociaux ainsi que les données nécessaires pour pouvoir utiliser les espaces commentaires de notre service).

En cliquant sur "Tout Refuser", seuls les cookies/traceurs techniques (strictement limités au fonctionnement du site ou à la mesure d’audiences) seront déposés et lus sur votre terminal. "Tout Refuser" ne vous permet pas d’activer l’option commentaires de nos services.

Pour activer l’option vous permettant de laisser des commentaires sur notre service, veuillez accepter le dépôt des cookies/traceurs « réseaux sociaux », soit en cliquant sur « Tout accepter », soit via la rubrique «Paramétrer vos choix».

Le bandeau de couleur indique si le dépôt de cookies et la création de profils sont autorisés (vert) ou refusés (rouge). Vous pouvez modifier vos choix via la rubrique «Paramétrer vos choix».

OK

RT France utilise des cookies pour exploiter et améliorer ses services.

Vous pouvez exprimer vos choix en cliquant sur «Tout accepter», «Tout refuser» , et/ou les modifier à tout moment via la rubrique «Paramétrer vos choix».

Pour en savoir plus sur vos droits et nos pratiques en matière de cookies, consultez notre «Politique de Confidentialité»

Tout AccepterTout refuserParamétrer vos choix