«C'est la rue qui a abattu les nazis» : le leader de LFI crie au «Mélenchon bashing» après le tollé

«C'est la rue qui a abattu les nazis» : le leader de LFI crie au «Mélenchon bashing» après le tollé© Christophe Archambault Source: AFP
Jean-Luc Mélenchon sur scène lors d'une manifestation contre la réforme du Code du travail le 23 septembre 2017, place de la République à Paris.

En prétendant que la rue avait «abattu les nazis», le leader de la France Insoumise a déclenché un tollé dans les médias et sur Twitter. Il estime que ce déchaînement vise à effacer le succès de ses propositions.

«Pétage de plomb», «dérapage» : les substantifs les plus sévères fleurissent dans les médias et sur Twitter pour condamner la dernière diatribe du leader de la France Insoumise. «Monsieur le Président, il nous reste à consulter l’histoire de France, c’est la rue qui a abattu les rois, c’est la rue qui abattu les nazis», a-t-il tonné lors du rassemblement du 23 septembre contre «le coup d'Etat social», selon ses termes, face à une foule de plusieurs dizaines milliers de personnes. Jean-Luc Mélenchon souhaitait répliquer aux propos tenus par Emmanuel Macron sur CNN lors de son voyage à New York pour l'Assemblée générale des Nations Unies. Le Président avait assuré le 19 septembre: «La démocratie, ce n’est pas la rue». 

Les politiques outragés

D'ordinaire tribun habile, Mélenchon est devenu une proie facile pour ses détracteurs. Divers historiens se sont exprimés dans la presse ce 25 septembre, infirmant la théorie du leader insoumis sur le poids de la rue et des résistants dans la Libération. Jean Garrigues, professeur d’histoire contemporaine à l’université d'Orléans s'est exprimé dans Le Monde: «Le rôle des manifestations de rue est quand même marginal.»
La classe politique est immédiatement montée au créneau sur Twitter et dans les médias. Parmi les premiers à répliquer, Manuel Valls, évoque des références historiques hasardeuses.

Jean-Marie Le Pen ne s’est pas privé d’un tweet très direct.

Tandis qu’au gouvernement, la colère tonne. Christophe Castaner, le porte-parole du gouvernement, a mitraillé des tweets anti-Mélenchon, et a fustigé ses propos. La ligne de la République en Marche semblant être de dénoncer un amalgame que Mélenchon n'a pas réellement fait.

Au micro de France Info, Christophe Castaner a persisté : «C’est une faute politique de mettre sur le même niveau ceux qui ont fait tomber les Nazis et la rue y a contribué évidemment, mais aussi Alain Juppé ou Emmanuel Macron, je pense que c’est une faute grave.»

Même attaque de la part de la ministre du Travail Muriel Pénicaud au micro d’Europe 1, sous entendant que  le chef de la France Insoumise avait comparé le gouvernement aux fascistes allemands, ce que dément fermement Jean-Luc Mélenchon. «J'ai été choquée qu’on puisse mettre sur le même plan les nazis, des démocrates, des républicains», s'est-elle plainte.

Même le secrétaire général de Force Ouvrière Jean-Claude Mailly y est allé de sa critique au micro d'RTL. Il n'estime pas que Jean-Luc Mélenchon a assimilé nazis et Emmanuel Macron, mais rappelle quelques considérations sur les Français durant la seconde guerre mondiale. «Le régime nazi ce n’est pas la rue qui l’a mis en cause, qui l'a abattu, ce sont les Alliés, les Américains, ce sont les Russes a une époque. Si on connait bien son histoire c’est même la rue qui a amené le nazisme d’une certaine manière.»

 

La Twittosphère libérée

Cette saillie de Mélenchon a donné lieu à un grand emballement sur Twitter, qui a convoqué images d’archives et plaisanteries diverses sur la seconde guerre mondiale. Certains ont jugé bon de faire quelques rappels historiques sur les responsabilités des uns et des autres.

 D’autres mettent en exergue le rôle des Américains.

 

Dans le camp de la France Insoumise, on vole en revanche au secours de Jean-Luc Mélenchon avec des rappels de l'insurrection populaire.

D'aucuns convoquent la mémoire du Général de Gaulle, au secours de Jean-Luc Mélenchon.

L’épilogue par Mélenchon

Face à ces torrents de réactions, le député de La France insoumise de Seine-Saint-Denis Eric Coquerel a joué l'apaisement en s'exprimant dans le Huffington Post : «Il n'y a bien évidemment aucun parallèle entre le régime nazi et Emmanuel Macron [...] Son propos s'inscrit dans une énumération des grands moments de l'histoire de France durant lesquels la démocratie a vécu grâce au peuple.» 

Le leader des Insoumis lui-même a répliqué sur son site, se défendant d'un quelconque amalgame. «J’ai répliqué au président qui affirmait "la démocratie ce n’est pas la rue" en lui demandant d’apprendre son histoire de France. Il y aurait vu que la démocratie vint par la rue quand celle-ci abattit les rois, chassa les nazis, créa le droit à la section syndicale, la quatrième semaine de congés payés en 1968.» Cette fois, il évoque plus pudiquement une chasse aux nazis. Le tribun moque le «Mélenchon bashing» pratiqué par la presse et lui trouve une justification: «En tout cas il est certain que la manœuvre voulait effacer du tableau médiatique non seulement le succès du rassemblement mais surtout ses propositions.»

 

 

 

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