Etat d'urgence et loi antiterroriste : Gérard Collomb n'est pas contre un «despotisme doux»

Etat d'urgence et loi antiterroriste : Gérard Collomb n'est pas contre un «despotisme doux»
Illustration ©BORIS HORVAT / AFP

Un peu plus d'un an après l'attentat de Nice, le 14 juillet 2016, la question de l'arbitrage entre liberté et sécurité se pose toujours. Pour le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, «les familles décimées» justifient des mesures contraignantes.

Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb défendait le 18 juillet sur RTL le projet de loi antiterroriste présenté le jour même au Sénat, qui comprend notamment la sécurisation des grands événements culturels et sportifs.

«Ca permet la liberté de culture, la liberté d'aller au spectacle, regardez ce qui s'est passé à Manchester [l'attentat du 22 mai au Royaume-Uni qui avait fait 22 morts], regardez combien ces périmètres de sécurité sont nécessaires», a argumenté le ministre. «Quitte à tomber dans ce que la grande juriste Mireille Delmas-Marty appelait encore hier le "despotisme doux" en citant Tocqueville ?», demande au ministre le journaliste Jérôme Chapuis, faisant référence à l'une des nombreuses tribunes publiées ces temps-ci par Libération. «Oui, peut-être», concède alors le ministre de l'Intérieur.

Et le ministre de l'Intérieur d'argumenter : «Moi j'étais à Nice [le 14 juillet 2017] et donc j'ai vu les familles des victimes. Croyez-moi, quand vous allez là-bas, que vous voyez les gens en pleurs, des familles décimées [...] vous vous dites que quand même d'assurer la sécurité de nos concitoyens, c'est quelque chose d'important.»

Le 4 juillet dernier, l'état d'urgence, qui était en vigueur le soir de l'attentat de Nice, était reconduit pour la sixième fois, et ce jusqu'au 1er novembre 2017, au grand dam de la gauche. Une loi antiterroriste, dont le projet est présenté le 18 juillet au Sénat, doit en prendre le relais en intégrant dans le droit commun certaines des mesures exceptionnelles.

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