Attentat des Champs-Elysées du 19 juin : un arsenal incroyable retrouvé, selon François Molins

Attentat des Champs-Elysées du 19 juin : un arsenal incroyable retrouvé, selon François Molins
Photo ©Thomas SAMSON / AFP

Lors d'une conférence de presse, le procureur de la République François Molins a donné les premières conclusions de l'enquête en cours. Le stock d'armes impressionnant retrouvé ne laisse aucun doute sur les intentions de l'auteur de la tentative.

«Ce passage à l'acte [...] n'a sans nul doute pas atteint l'objectif envisagé» a déclaré en conférence de presse le procureur de la République de Paris François Molins ce 22 juin 2017, consacrée à l'attentat du 19 juin dernier. «L'arsenal découvert dans le véhicule atteste en effet de l'ampleur de l'action terroriste envisagée qui, si elle avait abouti aurait pu avoir des conséquences humaines dramatiques», a-t-il déclaré.

De fait, la liste des armes en possession d'Adam Dzaziri, l'auteur de l'attentat raté à Paris le 19 juin dernier, est impressionnante. Prétextant être un «survivaliste», mais en réalité se préparant au djihad, l'individu avait accumulé plusieurs armes à feu. Dans la voiture qui a percuté lundi à 15H39, au niveau du rond-point des Champs-Elysées, le véhicule de tête d'un convoi de gendarmes mobiles, les enquêteurs ont notamment trouvé un fusil d'assaut, des barils de poudre, deux bouteilles de gaz de 13 kilogrammes chacune, achetées sur un site de petites annonces, selon le procureur, ainsi que des milliers de munitions de tous calibres.

Dans un grand sac posé sur le sol du véhicule ont été en outre retrouvés 28 chargeurs, un pistolet de type Glock 9 millimètres, un fusil d'assaut de type Kalachnikov ainsi que plusieurs couteaux. «Une besace calcinée a également été retrouvée qui contenait de très nombreux projectiles ressemblant à des ogives», a en outre révélé le procureur.

Une opération martyre contre les «mécréants»

Autant d'éléments qui démontrent la préparation indiscutable d'une action violente, a conclu François Molins. Ce dernier a par ailleurs révélé l'existence d'une lettre confirmant qu'Adam Dzaziri était radicalisé. Dans une lettre testament expédiée à des proches par la Poste le jour de l'attentat, a détaillé François Molins, Adam Djaziri a déclaré avoir voulu rejoindre la Syrie, déplorant en avoir été empêché «par des apostats contre l’Etat islamique», selon les termes employés dans la missive.

Le terroriste avait en outre prêté allégeance à Abou Bakr al-Baghdadi, le leader de Daesh possiblement tué par l'aviation russe le 16 juin 2017. Dans cette même lettre, l'auteur de l'attentat demande à ses proches de ne pas évoquer une attaque suicide mais une opération martyre, contre des «mécréants», écrit-il.

François Molins est en outre revenu sur les conditions de l'intervention des forces de l'ordre. Après que la Renault Mégane blanche du terroriste s'est positionnée devant le fourgon de gendarmerie, une détonation s'est produite à bord du véhicule. «La situation a été très rapidement maîtrisée», a poursuivi François Molins, confirmant qu'aucun tir de riposte de la part des forces de l'ordre n'avait eu lieu. Les gendarmes ont alors extrait Adam Dzaziri de la voiture, avant qu'il ne décède des suites de l'explosion.«[D'une] défaillance cardio-respiratoire par probables lésions de blast avec inhalation de fumées», a précisé François Molins

Le terroriste avait été signalé en septembre 2014 par les autorités tunisiennes. «Pour des suspicions de relations avec un groupe d'individus en lien avec le terrorisme», a expliqué le procureur. Des voyages en Turquie en 2015, avec femme et enfants, et en 2016 avaient également éveillé les soupçons des services français. Une fiche S avait été émise par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) le 31 août 2015. 

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