Privé d'investiture pour rapprochement avec LREM, un député PS attaque son parti en justice

Privé d'investiture pour rapprochement avec LREM, un député PS attaque son parti en justice Source: AFP
Le logo du Parti socialiste

Anne-Yvonne Le Dain avait été choisie par le PS pour être candidate aux législatives dans l'Hérault. Mais, après avoir sollicité l'investiture de LREM, elle a été écartée par son parti... qu'elle a donc décidé d'attaquer en justice.

Le député socialiste de la deuxième circonscription de l'Hérault, Anne-Yvonne Le Dain, a décidé de poursuivre son propre parti en justice, révèle 20 Minutes. Désignée par les militants du Parti socialiste (PS) pour briguer un nouveau mandat, elle a finalement été écartée après avoir multiplié les appels du pied en direction de La République en marche (LREM), le parti d'Emmanuel Macron. Une audience a lieu ce 30 mai à la première chambre du tribunal de grande instance de Paris.

Investie il y a plus de six mois, Anne-Yvonne Le Dain figurait sur la première liste de candidats qu'avait publiée Solférino. A la recherche d'un suppléant, elle avait alors entamé un rapprochement avec le maire de Montpellier, Philippe Saurel, exclu du PS en 2014 et devenu soutien d'Emmanuel Macron. Espérant obtenir l'investiture de LREM sans quitter le PS, elle avait également annoncé qu'elle voterait dès le premier tour pour le candidat d'En Marche !, tentant de réaliser une alliance entre les deux formations politiques. «Je n’ai jamais renoncé à l’étiquette PS : je voulais l’alliance entre le PS et En Marche !, je n’ai aucun problème avec les deux logos», explique-t-elle à 20 Minutes

Tel ne semble pourtant pas être le cas de la direction du PS, qui a organisé un nouveau vote des militants le 17 mai pour désigner un autre candidat. Anne-Yvonne Le Dain se retrouve alors sans investiture. «Je trouve ça inouï», commente-t-elle. «Je ne vois pas pourquoi, d’un seul coup, on m’a coupé la tête», ajoute-t-elle, tout en assurant avoir été victime d'une «sanction» pour expliquer sa décision d'attaquer son parti en justice.

Une démarche assumée du PS... mais pas dans tous les cas

De son côté, le PS estime que l'exclusion d'Anne-Yvonne Le Dain de son investiture n'enfreint aucunement son propre règlement. «Elle considère qu'il s'agit d'une sanction à son égard», analyse Cosima Ouhioun, l'avocat du parti. «Or la non investiture n'est pas définie comme une sanction dans les statuts du PS, il s'agit d'une décision politique», avance-t-il. 

Anne-Yvonne Le Dain, sans attendre que la justice tranche ce litige, a d'ores et déjà annoncé qu'elle se présenterait sans étiquette – une situation que la nouvelle candidate socialiste de la circonscription, Fatima Bellaredj, qualifie de «pathétique». «J’ai trouvé hallucinant de recevoir un pli d’huissier contenant une convocation en tant que personne physique : ce n’est pas comme ça que je conçois une campagne», explique-t-elle. 

Cette affaire illustre une fois de plus les difficultés considérables que posent les nombreux ralliements d'élus locaux et nationaux à LREM dans les rangs du PS. Mais elle révèle également les hésitations de Solférino sur la position à adopter face à cette situation. En effet, à configuration égale, l'attitude du parti tend à varier. Ainsi, non loin de là, dans la neuvième circonscription de l'Hérault, le député socialiste sortant Patrick Vignal brigue un nouveau mandat sous les couleurs de LREM... sans que le PS n'y voie d'inconvénient. Bien au contraire : il a annoncé qu'il ne lui opposerait pas de candidat. 

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