Les salariés de Tati demandent l'aide du gouvernement pour éviter la perte de 1 700 emplois

Les salariés de Tati demandent l'aide du gouvernement pour éviter la perte de 1 700 emplois© JEFF PACHOUD Source: AFP
Les salariés de Tati se sont rassemblés à Paris et à Lyon

Plus d'une centaine de salariés de Tati et des autres enseignes du groupe Eram, placé en redressement judiciaire, sont venus à Paris demander au gouvernement de s'impliquer dans ce dossier qui concerne plus de 1 700 salariés.

Le ministère du Travail, où une délégation de l'intersyndicale CGT-CFDT-Unsa a été reçue en présence de la nouvelle ministre Muriel Pénicaud, s'est engagé à apporter «toute l'aide du gouvernement» aux salariés du groupe Eram, dont les emplois sont menacés et «à contacter la direction du groupe», d'après Mounir Bourhaba, l'avocat du comité d'entreprise d'une des trois sociétés d'Agora Distribution, dans des propos recueillis à la sortie de la rencontre. 

Comme Nadège, qui travaille depuis 12 ans au magasin Tati de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne) et dont c'était la première mobilisation, les manifestants étaient venus de différents magasins de la région parisienne pour se réunir à proximité du ministère. Un rassemblement de quelques dizaines de personnes s'est aussi tenu devant le magasin Tati de Lyon.

«Eram, prends tes responsabilités», pouvait-on lire sur une pancarte brandie par les manifestants. Les syndicats demandent que le groupe participe au Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), qui concernera les salariés exclus des offres de reprise présentées, et qu'il s'engage sur des reclassements.

«Eram a enregistré en 2016 la première perte de son histoire, à hauteur de -263,4 millions d'euros, pour un chiffre d'affaires de 1,5 milliard, en baisse de 5%», se défend Me Franck Blin, avocat du groupe.

S'agissant du PSE, «légalement, Eram n'est pas obligé [d'y participer]», aux termes de la loi Macron d'août 2015 qui a supprimé l'obligation pour les groupes de financer les PSE de leurs filiales en redressement judiciaire, selon Me Bourhaba. Une situation unanimement dénoncée par les syndicats.

Un groupe qui fait des bénéfices et «se lave les mains» du sort des salariés de ses filiales, c'est une «opération absolument anormale», d'après l'ancienne ministre et députée EELV de Paris, Cécile Duflot, venue apporter son soutien, en soulignant la responsabilité du gouvernement de «laisser faire ou pas ce type de pratiques».

Les syndicats «satisfaits» des engagements du gouvernement

Selon plusieurs membres de la délégation reçue rue de Grenelle, le ministère devait prendre contact dès l'après-midi du 22 mai avec le groupe Eram, mais aussi avec les repreneurs potentiels.

«On est satisfait de ce qui a été dit», a observé Nicole Coger de la CGT. «Cela nous a rassurés, on y croit encore, on ne lâchera rien jusqu'au 29 [mai]», date de l'examen des offres de reprise par le tribunal de commerce de Bobigny, a renchéri Tahar Benslimani (CFDT).

Pour Céline Carlen (CGT), le ministère, qui est conscient de «la particularité du salariat» chez Tati, avec des employés qui y ont fait toute leur carrière et beaucoup de femmes, a aussi proposé la mise en place à Pôle emploi d'une «antenne dédiée au reclassement». 

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