JO 2030 dans les Alpes françaises : de l’espoir olympique au chaos organisationnel

JO 2030 dans les Alpes françaises : de l’espoir olympique au chaos organisationnel© banquedesterritoires.fr
Un visuel symbolisant les Jeux d'hiver 2030.
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Les Jeux olympiques d’hiver 2030, attribués aux Alpes françaises avec l’ambition de raviver l’héritage d’Albertville 1992, virent au cauchemar organisationnel. Démissions en série au Cojop, tensions entre Edgar Grospiron et son équipe, critiques sur la gouvernance : le projet patine dangereusement, menaçant délais et budgets.

Le projet olympique « Alpes 2030 », initialement synonyme de renouveau pour les montagnes françaises, s’enlise dans une série de crises internes qui ébranlent sa crédibilité. Les commentaires condescendants de l’ancienne ministre des sports recasée au Comité national olympique et sportif français (CNOSF) à l’endroit de l’Italie n’arrangent pas l’affaire pour l’organisation française.

Démissions en cascade

Un an après la nomination d’Edgar Grospiron, ancien champion de ski acrobatique, à la tête du Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques (Cojop) 2030, les Alpes françaises font face à une avalanche de problèmes.

Le Cojop est secoué par des démissions en cascade : Bertrand Méheut, président du Comité des rémunérations, a claqué la porte le 2 février, dénonçant une « dérive importante » et remettant en cause la direction de Grospiron. Avant lui, Anne Murac, directrice des opérations, et Arthur Richer, directeur de la communication, avaient déjà quitté le navire, citant des désaccords profonds sur la stratégie.

Sur RTL, le journaliste Thomas Despre dénonce « une guerre d’ego » et déplore : « Quel triste spectacle nous offre l'organisation des Alpes 2030. »

Dérapages en série

Ces turbulences internes s’expliquent par des tensions entre Grospiron et son directeur général, Cyril Linette. Le tandem, censé allier charisme sportif et expertise managériale, a implosé. Grospiron, se sentant dépossédé, s’est replié sur son cabinet de proches, tandis que Linette défendait un budget serré de 2,13 milliards d’euros, provoquant des mécontentements dans les régions hôtes, Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur. Renaud Muselier, président de PACA, fustige les « Parisiens en mocassins » qui méprisent les territoires montagnards.

Les tensions montent d’autant plus que l’ancienne ministre Amélie Oudéa-Castéra s’est permise de critiquer l’organisation des Jeux de 2026 qui débutent en Italie et où des difficultés ont pu se faire sentir.

Armand de Rendinger, consultant et spécialiste de l’olympisme, a fustigé cette attitude sur le réseau social X : « Est-ce au CNOSF, en charge de l’organisation des JO Alpes 2030, de parler ainsi et, accessoirement, des difficultés et des retards des Italiens dans la préparation de leurs propres JO ? »

Le Comité international olympique (CIO), inquiet, a enjoint le Cojop à travailler en « équipe forte et confiante » lors de sa session à Milan. Pierre-Olivier Beckers-Vieujant, président de la commission de coordination, évoque de son côté des retards sur des livrables clés et exhorte à accélérer. Le projet, ficelé hâtivement en 2023 sans consultation populaire, pâtit d’une mainmise politique des barons régionaux, qui ont imposé un équilibre géographique artificiel entre Alpes du Nord et du Sud.

Malgré ces difficultés, des avancées persistent : la loi olympique a été adoptée le 5 février, facilitant les chantiers en urbanisme et sécurité. Mais avec les Jeux de Milan-Cortina en cours, l’urgence est palpable. Grospiron défend son rôle, affirmant que les statuts sont « hyper clairs ».

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