La famille de Sarah Halimi veut faire la lumière sur un «assassinat antisémite» en plein Paris

La famille de Sarah Halimi veut faire la lumière sur un «assassinat antisémite» en plein Paris © Jonathan Moadab / RT France
William Attal, frère de Sarah Halimi

Les avocats de la famille Halimi ont tenu une conférence de presse afin d'alerter les médias sur les circonstances de la mort de Sarah Halimi, défenestrée à Paris le 4 avril dernier à Paris. Pour eux, le mobile antisémite ne fait aucun doute.

Dénonçant le «silence des médias» sur une affaire qui a fortement ému la communauté juive, les avocats de la famille de Sarah Halimi ont tenu une conférence de presse le 22 mai à Paris afin de donner plus de détails sur les circonstances de la mort de cette femme de 65 ans.

La victime avait été retrouvée morte le 4 avril après une chute du troisième étage d'un immeuble du quartier populaire de Belleville. Un voisin de 27 ans d'origine malienne, Kada Traoré, est soupçonné de l'avoir défenestrée après l'avoir rouée de coups, et a été interné d'office le lendemain en hôpital psychiatrique. Il n'a pas encore pu être interrogé par les enquêteurs.

Ayant accédé au dossier de police sur cette affaire, l'un des avocats de la famille, Me Jean-Alex Buchinger, est revenu sur le déroulé du drame, qui selon lui est sans aucun doute de nature «antisémite». 

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«Ce terroriste [Kada Traoré] est rentré sciemment chez elle en pleine nuit afin de la torturer puis de la défenestrer», a assuré l'avocat, avant de décrire la scène de crime, dont les murs auraient été «couverts de sang».

«Il l'a massacrée de coups, des salves de coups interrompues par des sourates du Coran et des "Allahu akbar". Comment le savons-nous ? Les voisins n'ont pas assisté aux faits mais ont tout entendu», a-t-il précisé, attestant qu'un enregistrement audio de six minutes avait été réalisé par un des habitants de l'immeuble.

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Puis, après l'avoir frappée, Kada Traoré aurait «essayé de simuler le suicide» de la victime, en la jetant par le balcon. Mais un témoin aurait vu le suspect la faire basculer par-dessus la rambarde. 

Concernant l'intervention policière, l'avocat a dénoncé un «dysfonctionnement» de l'opération, qui a pris 1h10 avant de se mettre en place. L'équipe de la BAC présente sur place pendant le drame aurait, par crainte de la présence d'un individu armé, attendu des renforts avant de rentrer dans l'appartement. La famille se réserve le droit de saisir l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) si toute la lumière n'est pas faite sur cet aspect de l'opération.  

William Attal, le frère de la victime, a avoué rester, lui, dans l'incompréhension concernant la non-reconnaissance du caractère antisémite du crime, sur cette personne «dont tout le monde savait qu'elle était juive».

Le président du Consistoire de Paris Joël Mergui est venu apporter son soutien à la famille de Sarah Halimi, assurant que le caractère antisémite du crime ne faisait plus aucun doute. L'organisation s'est portée partie civile dans cette affaire. 

L'information judiciaire a été ouverte le 14 avril par le parquet de Paris pour «séquestration et homicide volontaire». Les faits pourraient être requalifiés d'ici à la fin juillet en fonction des nouveaux éléments apportés par les différentes parties. 

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