Hommage national à Xavier Jugelé, le policier tué sur les Champs-Elysées

- Avec AFP

Hommage national à Xavier Jugelé, le policier tué sur les Champs-Elysées
François Hollande, Bernard Cazeneuve et Matthias Fekl, le 25 avril 2017, photo ©BERTRAND GUAY / AFP

François Hollande a rend un hommage national, en présence d'Emmanuel Macron et de Marine Le Pen, à Xavier Jugelé, le policier tué lors de l'attentat sur les Champs-Elysées qui a bouleversé la campagne avant le premier tour de la présidentielle.

Hommage à été rendu à Xavier Jugelé par François Hollande dans la cour de la préfecture de police en présence notamment des deux candidats qualifiés pour le second tour de l'élection présidentielle, Emmanuel Macron et Marine Le Pen, qui ont répondu favorablement à l'invitation du président. Sont également attendus plusieurs membres du gouvernements, ainsi que Manuel Valls et Nicolas Sarkozy.

Le chef de l'Etat a déjà rendu hommage dans cette cour de la préfecture à des policiers tués dans des attaques jihadistes. Le 13 janvier 2015, c'est là déjà qu'il avait salué devant leurs cercueils ceux qui sont «morts pour que nous puissions vivre libres» : Clarissa Jean-Philippe, Franck Brinsolaro et Ahmed Merabet, tombés sous les balles d'Amedy Coulibaly et des frères Chérif et Saïd Kouachi.

François Hollande appelle à plus de moyens pour la sécurité

Le président sortant s'est par ailleurs adressé indistinctement aux deux candidats en lice pour le second tour de la présidentielle, ceux «qui auront à décider pour demain», a-t-il affirmé. «Je leur demande d'accorder les ressources budgétaires nécessaires pour recruter les personnels indispensables à la protection de nos concitoyens», a également déclaré le chef de l'Etat au terme de son mandat. «Ce qui est attendu, c'est de la constance, de la persévérance, de la cohérence dans l'effort, plutôt que des surenchères et des ruptures", a-t-il plaidé.

Le compagnon de Xavier Jugelé «sans haine»

Etienne Cardiles, le conjoint du policier tué sur les Champs-Elysées, s'est ensuite exprimé avec émotion. «Cette douleur m'a donné le sentiment d'être plus proche que jamais de tes camarades qui souffrent, comme toi silencieusement, comme moi silencieusement», a-t-il déclaré, «pour ce qui me concerne, je souffre sans haine»

Déroulant la journée de ce jeudi 20 avril 2017, lors de laquelle Xavier Jugelé, 37 ans, a été tué lors d'une attaque revendiquée par Daesh, Etienne Cardiles, a raconté être «rentré le soir», sans son compagnon, «avec une douleur extrême et profonde qui s'apaisera peut-être un jour».

Des syndicats de police ont appelé leurs collègues à un rassemblement en hommage pendant la cérémonie à la préfecture, sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame qui se trouve juste en face.

Un attentat qui a bouleversé la campagne

Xavier Jugelé, 37 ans, a été tué le 20 avril de deux balles dans la tête par Karim Cheurfi, qui a blessé deux autres policiers, dont l'un grièvement, ainsi qu'une touriste allemande, avant d'être abattu. Il était membre de la 32e compagnie de direction de l'ordre public et de la circulation (DOPC) de la préfecture de police de Paris. Il a été élevé à titre posthume au rang de capitaine et fait chevalier de la Légion d'honneur. Les deux gardiens de la paix blessés lors de l'attaque ont été nommés chevaliers de l'ordre national du Mérite.

Le 20 avril, peu avant 21h, à trois jours du premier tour de l'élection présidentielle, une voiture s'est arrêtée à la hauteur d'un car de police garé dans le haut de la célèbre avenue des Champs-Elysées, au cœur de Paris. Le conducteur, Karim Cheurfi, un Français de 39 ans, est sorti et a tiré à l'arme automatique de type kalachnikov contre le véhicule des forces de l'ordre, tuant Xavier Jugelé. 

L'assaillant, bien connu de la police et de la justice pour son intention de tuer des membres des forces de l'ordre, a ensuite tiré à nouveau vers les policiers qui ont riposté et l'ont abattu.

L'attaque a été presque aussitôt revendiquée par Daesh, à l'origine de la plupart des attentats qui ont fait 238 autre morts depuis 2015 en France. Mais cette revendication intrigue, l'EI ayant appelé le tueur, «Abou Youssef le Belge», une identité qui semble différer de celle de Karim Cheurfi, établie par les procureurs.

La fin de la campagne électorale pour le premier tour de l'élection présidentielle a été bouleversée par cet attentat sur la plus célèbre avenue de Paris. Plusieurs candidats ont annulé leurs déplacements et l'attaque a encore tendu l'atmosphère, alors qu'un attentat avait été déjoué, le 18 avril selon les autorités, avec l'arrestation à Marseille de deux hommes soupçonnés de préparer «une action violente imminente».

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