Marine Le Pen à Moscou : quand Hamon agite la menace d'une soumission de la France à la Russie

Marine Le Pen à Moscou : quand Hamon agite la menace d'une soumission de la France à la Russie© GUILLAUME SOUVANT / AFP Source: AFP
Benoît Hamon

Une fois de plus, dans la campagne présidentielle française, le président russe a été évoqué comme un épouvantail, certains candidats estimant que la volonté d'entamer un dialogue avec Moscou était inacceptable.

«Soumise, voilà ce qu'elle est Madame Le Pen, soumise au Kremlin, soumise parce qu'elle a bénéficié de millions d'euros de banques russes, soumise parce que Vladimir Poutine soutient son projet de dislocation de l'Europe et inspire sa manière de gouverner un pays», a lancé Benoit Hamon à l’attention de sa rivale, le 24 mars sur la chaîne BFMTV.

«Ce qui me frappe, c'est son allégeance au Kremlin alors que les intérêts de la Russie ne sont pas ceux de la France», a continué d'accuser le candidat socialiste.

Benoît Hamon a ensuite associé Jean-Luc Mélenchon et François Fillon à la candidate frontiste, estimant que chacun reprenait «l’agenda russe».

La visite de Marine Le Pen à Moscou, le 24 mars, où elle a été reçue par Vladimir Poutine, a également inspiré le Parti socialiste (PS), qui a publié un communiqué, accusant la présidente du Front national (FN) de préparer «la vassalisation de notre pays à la Russie».

Dans la foulée, Emmanuel Macron a lui aussi réagi à la visite quasi-présidentielle de la candidate frontiste et aux positions de ses concurrents, Jean-Luc Mélenchon et François Fillon, assurant : «Leur fascination pour la Russie de Poutine est délétère.»

«Il faut certes discuter avec la Russie pour assurer la stabilité au Moyen-Orient. Mais n’oublions pas qui ils sont, ce qu’ils font et la nature de leur régime», a poursuivi le fondateur du mouvement En Marche !

Vladimir Poutine, épouvantail de la campagne ?

Il ne s’agit pas de la première fois que le président russe est évoqué comme un repoussoir dans la campagne présidentielle française.

Lors du débat du premier tour de la primaire de la gauche, où la question de la Russie avait occupé une place importante, Manuel Valls, alors candidat, n'avait pas hésité à soutenir qu'une alliance entre Vladimir Poutine et Donald Trump serait «la fin du monde».

En 2016, le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis avait quant à lui dénoncé «la poutinisation des esprits» d'une «grande partie de la droite», ciblant en particulier Nicolas Sarkozy.

De leur côté, Jean-Luc Mélenchon et François Fillon ont tous deux insisté sur la nécessité de rétablir un dialogue avec la Russie, ce dernier reconnaissant même que ce point le «rapprochait» du leader de La France insoumise.

Au cours de sa rencontre avec le président russe, Marine Le Pen a insisté sur sa volonté de normaliser les «relations culturelles, économiques et stratégiques» entre la France et la Russie. 

Auparavant, elle avait déjà confié vouloir faire de la Russie un «allié», espérant l'«arrimer au continent européen», tout en insistant sur l'«indépendance» de la France.

Lire aussi : A Moscou, Poutine et Le Pen prônent une coopération globale contre le terrorisme

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