Henri Emmanuelli, ex-ministre et président PS de l'Assemblée, est mort

- Avec AFP

Henri Emmanuelli, ex-ministre et président PS de l'Assemblée, est mort © Stéphane Mahe Source: Reuters
Henri Emmanuelli en 2014

L'ancien ministre et figure de l'aile gauche du PS Henri Emmanuelli, est décédé dans la matinée du 21 mars à l'âge de 71 ans des suites d'une longue maladie, a annoncé sa famille à l'AFP.

Né le 31 mai 1945 à Eaux-Bonnes (Pyrénées-Atlantiques), Henri Emmanuelli, malade depuis plusieurs années, était député socialiste et président du Conseil départemental des Landes. 

«Henri Emmanuelli incarnait le département depuis 35 ans, c'est un grand vide qui se présente devant nous», a déclaré Xavier Fortinon, vice-président du Conseil départemental, lors d'une séance consacrée au budget, avant une minute de silence très émouvante avec des élus en larmes. Henri Emmanuelli était hospitalisé depuis trois jours pour une double bronchite à Bayonne. Affaibli par une neuropathie détectée en 2006, il ne se déplaçait ces derniers temps qu'en fauteuil roulant.

Henri Emmanuelli avait débuté sa carrière en 1974 comme fondé de pouvoir, sous-directeur puis directeur adjoint à la Compagnie financière de Banque d'Edmond de Rothschild.

Elu pour la première fois député des Landes en 1978, cet homme aux sourcils épais et à la voix rocailleuse, doté d'une très forte personnalité, avait été, entre 1981 et 1986, secrétaire d'Etat aux DOM-TOM puis au Budget du président François Mitterrand.

Trésorier du PS en 1987, il avait présidé l'Assemblée nationale de 1992 à 1993 avant d'être brièvement premier secrétaire du PS entre 1994-1995. Il avait alors été battu par Lionel Jospin pour porter les couleurs socialistes à l'élection présidentielle de 1995.

Rattrapé par les affaires, Henri Emmanuelli avait été condamné en 1997 à deux ans de privation de ses droits civiques dans l'affaire Urba de financement illégal du PS en tant que trésorier du parti avant de retrouver en 2000 ses mandats de député et président du Conseil général des Landes.

Militant en 2005 pour le «non» au référendum sur le Traité constitutionnel européen, il était le «père spirituel» de Benoît Hamon, actuel candidat du PS à l'élection présidentielle. Ce dernier s'est d'ailleurs dit «bouleversé» par le décès de l'ancien ministre.

«Il a joué un rôle extrêmement important dans ce que je suis, je lui dois beaucoup. Ca me bouleverse. C'était comme une sorte d'âme sœur pour moi», a déclaré Benoît Hamon, visiblement ému, lors d'un point presse à Bruxelles.

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