Flanqué de François Baroin, François Fillon va-t-il devoir faire du Sarkozy ?

Flanqué de François Baroin, François Fillon va-t-il devoir faire du Sarkozy ?
François Baroin et Nicolas Sarkozy en octobre 2016, photo ©PHILIPPE WOJAZER / POOL / AFP

François Baroin, nouveau «responsable» d'un «rassemblement» plus qu'urgent autour de François Fillon, s'impose comme la pièce maîtresse du dispositif de sortie de crise pour la droite. Avec lui, c'est le retour des sarkozystes dans la campagne.

Bien que longtemps pressenti comme un des «plans B» possibles, on l'a aperçu derrière François Fillon lors du rassemblement du Trocadéro. La présence de François Baroin dans le cercle des intimes sous la pluie ce 5 mars 2017 n'a d'ailleurs pas échappé non plus à Alain Juppé qui, le lendemain, confirmait qu'il ne serait pas un recours pour la droite, dénonçant un «gâchis».

«Cette élection est perdue. Sarkozy a tenté de nous manipuler en cherchant à contrôler le parti et à caser Baroin. Moi, je n'ai pas une bonne opinion de Baroin. Il n'a pas d'idées et il ne travaille pas», avait alors lâché en off l'ex-favori de la primaire à droite selon le Canard Enchaîné.

Le choix de François Baroin comme «responsable du rassemblement politique» autour du candidat Fillon en dit long sur les grandes manœuvres en coulisses depuis l'explosion de l'affaire Fillon le 1er février 2017. François Baroin est donc le nouvel homme fort de l'équipe de campagne, et François Fillon devra composer avec la présence du sarkozyste pur-jus.

Pouvoir de nuisance contre compromis

Détail significatif : François Baroin a lancé la «reconquête» de l'électorat de droite dans un discours à Châteaurenard, dans les Bouches-du-Rhône. La même ville où son mentor, Nicolas Sarkozy, s'était déclaré candidat à l'élection présidentielle en 2016.

En s'écartant du jeu définitivement, Alain Juppé semble donc avoir ouvert un boulevard aux sarkozystes, rendant inutile la réunion tripartite lors de laquelle il devait se réunir avec Nicolas Sarkozy et  François Fillon. Signe que la bataille a été gagnée, les frondeurs Georges Fenech et Nadine Morano ont rendu les armes.

A défaut d'avoir obtenu un abandon de François Fillon, les sarkozystes sont désormais dans la place.

Reste à savoir quels sont les gages que le candidat de la droite a donnés aux sarkozystes pour qu’ils renoncent à leur pouvoir de nuisance.

Alexandre Keller

Lire aussi : Fin de la crise à droite : «La ténacité de François Fillon», sa meilleure arme ou son pire ennemi ?

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